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	<title>Quand mourut Jonathan (20) - Historique des versions</title>
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	<subtitle>Historique des versions pour cette page sur le wiki</subtitle>
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		<id>https://www.boywiki.org/fr/index.php?title=Quand_mourut_Jonathan_(20)&amp;diff=19029&amp;oldid=prev</id>
		<title>Crazysun le 8 juin 2016 à 17:54</title>
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		<updated>2016-06-08T17:54:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
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		<author><name>Crazysun</name></author>
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		<title>Crazysun : Page créée avec « {{Bandeau citation|aligné=droite|d|b]}}  &#039;&#039;précédent&#039;&#039;&lt;br&gt;&lt;br&gt; {{Citation longue|Quand les trois petits frères de la ville furent emmen... »</title>
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		<updated>2016-04-23T12:52:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Page créée avec « {{Bandeau citation|aligné=droite|d|b]}}  &amp;#039;&amp;#039;&lt;a href=&quot;/fr/Quand_mourut_Jonathan_(19)&quot; title=&quot;Quand mourut Jonathan (19)&quot;&gt;précédent&lt;/a&gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;br&amp;gt;&amp;lt;br&amp;gt; {{Citation longue|Quand les trois petits frères de la ville furent emmen... »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Nouvelle page&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;{{Bandeau citation|aligné=droite|d|b]}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;[[Quand mourut Jonathan (19)|précédent]]&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;br&amp;gt;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Citation longue|Quand les trois petits frères de la ville furent emmenés, eux aussi, en vacances, les&lt;br /&gt;
environs devinrent vraiment trop inhabités. Jonathan craignit que Serge s’embête ; il lui&lt;br /&gt;
proposa qu’ils aillent ensemble quelque part, au bord de la mer ou n’importe où. Mais l’enfant&lt;br /&gt;
refusa. Il se trouvait très bien là et n’en voulait pas bouger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré ses escapades, il était d’esprit sédentaire, et il préférait jouir de sa place et de ses&lt;br /&gt;
habitudes, comme il n’était contraint ni à l’une ni aux autres et qu’il les aménageait à sa&lt;br /&gt;
manière. Recommencer chaque jour les mêmes choses, avec les variantes, les destructions, les&lt;br /&gt;
restaurations que sa fantaisie lui inspirerait, semblait sa seule ambition. En ce lieu, en ce mode&lt;br /&gt;
de vie que Jonathan jugeait incapables d’intéresser quelqu’un, Serge découvrait cent mille&lt;br /&gt;
ressources. Monotones d’apparence, ses journées étaient saturées d’inventions, d’artisanats,&lt;br /&gt;
de sensations, de coquineries, de bavardages, de caresses, de recherches, de violences et&lt;br /&gt;
d’études qui le passionnaient sans relâche. Ce trop-plein, fruit de son intelligence, lui offrait à&lt;br /&gt;
chaque heure un monde inépuisable — où Jonathan était une source comme une autre. Il se&lt;br /&gt;
tenait à son rang, peut-être humble, dans la mystérieuse collection de Serge ; il servait à des&lt;br /&gt;
opérations, des progrès, des essais, des humeurs où il n’était pour rien. Disponible, il laissait&lt;br /&gt;
l’enfant industrieux s’accroître de lui et de tout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Assez longtemps pendant l’été, Jonathan fut préoccupé par le retour de Barbara. Il&lt;br /&gt;
s’obligeait encore à ne voir en Serge qu’un être passager, comme un matin de lumière, l’une&lt;br /&gt;
des rêveries qu’on forme dans la solitude, un bonheur de la main quand on dessine. Plus tard,&lt;br /&gt;
il ne parvint plus à aimer l’enfant avec tant de précautions. Il craignit l’automne. Il eut des&lt;br /&gt;
idées secrètes de rapt, de fuite à l’étranger. Ou il se voyait réinstallé à Paris, et luttant pied à&lt;br /&gt;
pied avec Barbara.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis il comprit que ce ne serait pas seulement Barbara. Ce serait l’ordre des choses&lt;br /&gt;
— qui devait inéluctablement s’emparer de Serge et le transformer en l’un de ces hommes&lt;br /&gt;
innombrables que Jonathan avait fuis. Tout, les séductions de tout, les pouvoirs de tout,&lt;br /&gt;
contraindrait Serge à se trahir, et sans regret. L’ennemi, pour finir, ne s’incarnerait pas dans&lt;br /&gt;
des monstres, des caricatures, des crétins, des parents, des cours d’assises : il serait implanté&lt;br /&gt;
au cœur de l’enfant même. Ni Serge ni Jonathan n’avaient un moyen d’empêcher cela.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jonathan se pénétra de cette certitude. Il renonça à espérer comme à lutter. Il pensa à la&lt;br /&gt;
disparition prochaine, à la mort figurée de l’enfant : et il médita la sienne. Le plus simple, le&lt;br /&gt;
plus doux serait de se saigner les membres. Un suicide de protestation plutôt que de simple&lt;br /&gt;
souffrance : mais on ne s’arrose pas d’essence devant cent journalistes quand on témoigne&lt;br /&gt;
d’une cause perdue. Jonathan garderait sa mort pour lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré ces tourments, ces projets, Jonathan vivait avec gaieté. Il était sûr de ne pas&lt;br /&gt;
déplaire à Serge : il devenait moins neutre, il entrait plus profondément dans les singularités&lt;br /&gt;
que désirait l’enfant, il osait le suivre sans réserve.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jonathan était en parfaite santé. Sa difficulté d’être n’affectait pas son corps, car elle&lt;br /&gt;
n’avait aucune origine intérieure ou qu’il eût méconnue. Il mangeait bien, buvait bien, digérait&lt;br /&gt;
bien, chiait copieusement, pissait dru, dormait à merveille, avait bonne mine, bons muscles,&lt;br /&gt;
belle peau, bon membre. Son amitié même pour Serge ne lui inspirait ni culpabilité, ni&lt;br /&gt;
explorations, ni théories. Il aurait été inapte à prouver ses raisons, à se légitimer devant ceux&lt;br /&gt;
qui, impuissants à vivre comme à mourir, sont donc chargés de juger et redresser l’existence.&lt;br /&gt;
Rien de plus acceptable, pour Jonathan, que d’en savoir tant et d’en pouvoir si peu dire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucun des deux garçons ne s’inquiétait plus du calendrier. Les signes de maturité,&lt;br /&gt;
d’usure que montrait la campagne, maintenant que l’été s’achevait, n’étaient pas des menaces.&lt;br /&gt;
Un ordre sans ennui ni souffrances, un désordre sans souffrance ni dommages : tel est&lt;br /&gt;
l’univers impossible qu’ils avaient construit. L’envers du monde, et qui crèverait dès&lt;br /&gt;
l’automne. Mais ça ne faisait rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils mangeaient, ils s’étreignaient, ils respiraient, ils s’ennuyaient comme ceux qui se&lt;br /&gt;
sentent bien ensemble, ils se cherchaient le cul, ils l’oubliaient, ils rendaient leur maison&lt;br /&gt;
fraîche comme un paysage minuscule, puis ils la salissaient, la souillaient, la déréglaient. Et comme les maisons, à la différence des vivants, ne se recomposent pas à mesure qu’on vit&lt;br /&gt;
d’elles, ils la reconstruisaient énergiquement, brossaient, épongeaient, ciraient, préparaient le&lt;br /&gt;
prochain théâtre de leurs cochonneries.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Serge et Jonathan n’étaient pas amoureux, faute de narcissisme. Ils avaient mieux à faire&lt;br /&gt;
ensemble. Leur association était plutôt biologique. Certaines plantes, dans une terre, absorbent&lt;br /&gt;
les substances qui leur conviennent, et elles en épurent le sol : aussitôt, ce sol devient viable&lt;br /&gt;
pour d’autres plantes qui, sinon, y crèveraient. Chacune prend et répand des nourritures&lt;br /&gt;
différentes ; chacune élimine ainsi les poisons qui empêcheraient l’autre de vivre. Telle était&lt;br /&gt;
l’amitié de Jonathan et de Serge, sans qu’on puisse savoir lequel des deux, vraiment, purifiait&lt;br /&gt;
le monde pour l’autre.}}&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;{{droite|[[Quand mourut Jonathan (21)|suivant]]}}&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;[[Quand mourut Jonathan|Retour au sommaire]]&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Quand mourut Jonathan]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Crazysun</name></author>
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