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	<title>Quand mourut Jonathan (26) - Historique des versions</title>
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	<updated>2026-05-14T01:00:35Z</updated>
	<subtitle>Historique des versions pour cette page sur le wiki</subtitle>
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		<id>https://www.boywiki.org/fr/index.php?title=Quand_mourut_Jonathan_(26)&amp;diff=19023&amp;oldid=prev</id>
		<title>Crazysun le 8 juin 2016 à 17:48</title>
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		<updated>2016-06-08T17:48:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
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		<author><name>Crazysun</name></author>
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		<title>Crazysun : Page créée avec « {{Bandeau citation|aligné=droite|d|b]}}  &#039;&#039;précédent&#039;&#039;&lt;br&gt;&lt;br&gt; {{Citation longue|&lt;center&gt;&lt;big&gt;&lt;b&gt;DEUXIÈME PARTIE&lt;/b&gt;&lt;/big&gt;&lt;/center&gt;  &lt;br... »</title>
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		<updated>2016-05-04T12:58:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Page créée avec « {{Bandeau citation|aligné=droite|d|b]}}  &amp;#039;&amp;#039;&lt;a href=&quot;/fr/Quand_mourut_Jonathan_(25)&quot; title=&quot;Quand mourut Jonathan (25)&quot;&gt;précédent&lt;/a&gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;br&amp;gt;&amp;lt;br&amp;gt; {{Citation longue|&amp;lt;center&amp;gt;&amp;lt;big&amp;gt;&amp;lt;b&amp;gt;DEUXIÈME PARTIE&amp;lt;/b&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt;&amp;lt;/center&amp;gt;  &amp;lt;br... »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Nouvelle page&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;{{Bandeau citation|aligné=droite|d|b]}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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{{Citation longue|&amp;lt;center&amp;gt;&amp;lt;big&amp;gt;&amp;lt;b&amp;gt;DEUXIÈME PARTIE&amp;lt;/b&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt;&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;p&amp;gt;Jonathan resta longtemps sous l’effet du rapt de Serge. Paralysé et abruti, il ne sortait de&lt;br /&gt;
sa torpeur que pour s’enivrer. Il se mit à manger beaucoup, mais sans cuisiner : il achetait&lt;br /&gt;
n’importe quoi de tout prêt, et dévorait au lit pendant ses veilles. Sa dépression le faisait&lt;br /&gt;
dormir jusqu’à douze et quinze heures par jour (sur les âmes douces, le malheur produit&lt;br /&gt;
souvent cet excès de sommeil). L’alcool y aidait, bien sûr.&amp;lt;/p&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce brouillard, il reçut quelques nouvelles de ses toiles, de ses ventes. Tout allait au&lt;br /&gt;
mieux. Le contrat serait reconduit, les mensualités augmentées, le nombre d’œuvres à fournir&lt;br /&gt;
chaque année serait moindre. Il s’en moquait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais il dut combattre pour ne pas aller à Paris, ne pas rencontrer les clients, ne pas&lt;br /&gt;
gazouiller aux critiques d’art, être absent du vernissage de l’exposition qu’on fit cet hiver-là.&lt;br /&gt;
Son patron vint pourtant le chercher en personne, mais eut la vanité malencontreuse de&lt;br /&gt;
s’annoncer par télégramme — comme on siffle soi-même un chien qui n’obéit pas aux&lt;br /&gt;
domestiques. Ce jour-là, Jonathan traîna dans les champs glacés, à la façon des gamins qui&lt;br /&gt;
fuguent quand ils craignent une correction. Il rentra précautionneusement au milieu de la&lt;br /&gt;
nuit : il appréhendait que son pesant meneur d’hommes, au lieu de partir, se fût mis au lit pour&lt;br /&gt;
l’attendre : c’était un millionnaire sans façons, un homme simple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’écrivit pas à la mère de Serge, mais il en reçut des lettres spontanées. La notoriété&lt;br /&gt;
montante de Jonathan produisait cela. Snob, Barbara se vantait de connaître le peintre à la&lt;br /&gt;
mode :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— … Mais il torchait mon gosse ! il nous faisait la soupe ! je vous jure ! D’ailleurs il&lt;br /&gt;
cuisine — divinement !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour un peu, elle aurait laissé croire que Serge était de lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, elle se gardait bien d’inviter Jonathan, et ses lettres, plus piquantes&lt;br /&gt;
qu’aimables, toujours très brèves sur le sujet de l’enfant, affirmaient des choses étranges.&lt;br /&gt;
Serge, paraît-il, s’était plaint de son séjour : Jonathan était un emmerdeur, autoritaire,&lt;br /&gt;
ennuyeux, il n’avait pas de radio, pas de télévision, il vous empêchait de tout faire, on bouffait&lt;br /&gt;
trop, on était enfermé, il vous sermonnait à tout propos, il ne pensait qu’à son travail, il&lt;br /&gt;
habitait un coin moche et chiant, on n’était même pas tranquille pour dormir, il n’avait qu’un&lt;br /&gt;
lit, Serge était bien soulagé d’être rentré à Paris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— T’as été vraiment salope de m’foutre avec ce mec ! avait-il dit à Barbara (selon elle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jonathan eut les joues en feu et sentit sa poitrine se vider quand il lut ces nouvelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’abord, il crut à des duretés que Barbara aurait écrites par jalousie, et dont Serge était&lt;br /&gt;
innocent. Au contraire, après les premières tristesses, il avait dû manifester à Barbara quelle&lt;br /&gt;
différence il faisait entre elle et Jonathan. Et elle n’était pas femme à tolérer cela. Maîtresse&lt;br /&gt;
des relations entre les deux garçons, elle ne manquait pas de ressources pour les troubler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, si elle racontait à Jonathan que Serge le détestait, que devait-elle dire à Serge ?&lt;br /&gt;
Cela se devinait sans peine :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Jonathan m’a écrit que t’as été insupportable chez lui, et il ne veut plus te voir. Tu&lt;br /&gt;
vois, t’as beau me sortir tes petites histoires, il a pas l’air de ton avis…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le remède évident — revoir Serge — ne servirait à rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’ils se rencontraient et se rassuraient sur leur amitié, que feraient-ils, ensuite ? Barbara&lt;br /&gt;
montrait qu’elle n’était plus disposée à partager l’enfant. Leur guerre contre elle était perdue&lt;br /&gt;
d’avance. Barbara deviendrait ouvertement hostile, interdirait qu’ils se voient, chasserait&lt;br /&gt;
Jonathan. Il en résulterait seulement quelques souffrances de plus pour Serge et pour lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plus humble prudence conseillait plutôt de rester en bons termes avec elle, et de paraître négliger le petit. Jonathan ignorait quel avenir moins malheureux une telle précaution&lt;br /&gt;
pourrait préserver. Mais qu’il se rende à Paris, que l’enfant se déclare violemment pour lui, à&lt;br /&gt;
sa façon directe et franche, et tout serait définitivement compromis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Impossible d’infliger à Serge les drames que produirait une lutte de front avec Barbara.&lt;br /&gt;
Impossible de le fréquenter à l’insu de sa mère. Impossible même de lui écrire directement.&lt;br /&gt;
Jonathan n’avait réellement qu’à se retirer, et attendre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis il en vint à se demander si, au fond, Barbara n’avait pas écrit la vérité. Serge s’était&lt;br /&gt;
peut-être plaint.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jonathan se remémora les épisodes de l’été. Il admit que son impression de bonheur et&lt;br /&gt;
d’accord absolu entre eux ne reposait sur rien d’exprimable. Des gestes insignifiants, des&lt;br /&gt;
lambeaux de phrases, des plaisirs dérisoires. Il ne savait rien de Serge. Il avait refusé les&lt;br /&gt;
manières usuelles d’écouter, de juger, d’aimer, d’accompagner un enfant ; il s’était attaché à&lt;br /&gt;
mille choses innommées, que les adultes nient et que les enfants oublient. Tout pouvait donc&lt;br /&gt;
être imaginaire : un autre que lui aurait-il vu et compris ce qu’il avait cru voir et comprendre ?&lt;br /&gt;
Rien n’avait existé, rien. Quelques images trop douces dans la cervelle d’un demi-fou.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Serge avait eu l’air heureux, mais les gosses ont l’air heureux n’importe où, même entre&lt;br /&gt;
deux tyrans et deux gifles. Tout lui plaisait, mais les enfants s’accommodent de tout. Il aimait&lt;br /&gt;
faire l’amour, mais ce n’était pas son droit, ce n’était qu’un faux plaisir de petite bête&lt;br /&gt;
inéduquée, un désir qu’on eût dû rogner et dresser : non pas accueillir et partager. D’ailleurs&lt;br /&gt;
les enfants préfèrent dormir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette description-là de leur amitié, tout autre qu’eux l’eût établie : elle était donc vraie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En continuant de se torturer, Jonathan pensa aussi que l’enfant avait pu avoir une raison&lt;br /&gt;
plus obscure de le désavouer, une fois rentré à Paris. Car sa vie auprès de Jonathan l’avait&lt;br /&gt;
rendu très différent de ce que les gens normaux exigent d’un mioche. Or aucun enfant ne&lt;br /&gt;
supporte de se découvrir étranger à ceux avec lesquels il est contraint de vivre. C’est une&lt;br /&gt;
infériorité, un malheur. Dans un monde de chiens, respecter un enfant c’est donc le pervertir ;&lt;br /&gt;
encourager en lui sa fugitive humanité, c’est le changer en un monstre que les parents, les&lt;br /&gt;
camarades, l’école ne reconnaîtront plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Serge avait dû ressentir les premiers effets douloureux de cela : on l’avait mal accueilli,&lt;br /&gt;
il avait mal accueilli les autres. Il n’était plus de leur espèce. Il en souffrait. Et c’était à cause&lt;br /&gt;
de Jonathan. Maintenant, s’il voulait sauver sa peau, il devait rebrousser chemin, reprendre sa&lt;br /&gt;
place parmi les chiens et aboyer dans leur ton. Sinon, on est trop faible et trop seul.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une capitulation, une déchéance ? Certes non. En vérité, Serge avait subi, trois ou&lt;br /&gt;
quatre mois, la promiscuité dangereuse d’un névrosé : puis sa santé avait repris le dessus, sous&lt;br /&gt;
l’influence bénéfique de la mère, et l’enfant se rééquilibrait, se réadaptait aux normes. Ce&lt;br /&gt;
langage n’était pas celui de Jonathan ? Mais justement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’autres jours encore, Jonathan se refusait à croire que l’enfant eût cédé — même s’il&lt;br /&gt;
s’était senti tout à coup différent et haï. Serge était fort. Barbara avait menti. L’enfant s’était&lt;br /&gt;
plaint non pas de Jonathan, mais d’être arraché au jeune artiste. En ce moment, il luttait sous&lt;br /&gt;
ces gens et il avait mal. Il était resté l’un de ces garçons butés et pleins sur lesquels les&lt;br /&gt;
guenons maternelles et les gorilles pédagogues usent vainement leur science, leur amour, leurs&lt;br /&gt;
inquisitions, leurs violences, leurs ruses, leurs chantages et leur hargne. Il n’y a qu’un enfant&lt;br /&gt;
sur mille qui leur résiste, un sur mille qui s’obstine à ne pas devenir comme eux : mais Serge&lt;br /&gt;
était forcément celui-là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis à nouveau Jonathan s’accusait d’illusions. Que signifiait ce partage entre une&lt;br /&gt;
humanité bestiale et quelques réfractaires trop humains ? Où était ce Serge miraculeux qu’il&lt;br /&gt;
inventait ? Pourquoi, d’ailleurs, se serait-il intéressé à Jonathan ? Quels signes ? Quelles preuves ? Et même si c’était vrai, quelle importance ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jonathan ne savait pas réfléchir. L’aurait-il su, d’ailleurs, qu’il n’aurait rien pu prouver.&lt;br /&gt;
Une cause perdue : rien à ajouter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jonathan resta enfermé chez lui, ne répondit pas aux lettres de Barbara. Il buvait,&lt;br /&gt;
pleurait, mourait vif.}}&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;{{droite|[[Quand mourut Jonathan (27)|suivant]]}}&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;[[Quand mourut Jonathan|Retour au sommaire]]&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Quand mourut Jonathan]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Crazysun</name></author>
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