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	<title>Quand mourut Jonathan (28) - Historique des versions</title>
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	<subtitle>Historique des versions pour cette page sur le wiki</subtitle>
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		<id>https://www.boywiki.org/fr/index.php?title=Quand_mourut_Jonathan_(28)&amp;diff=19021&amp;oldid=prev</id>
		<title>Crazysun le 8 juin 2016 à 17:47</title>
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		<updated>2016-06-08T17:47:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
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		<author><name>Crazysun</name></author>
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		<title>Crazysun : Page créée avec « {{Bandeau citation|aligné=droite|d|b]}}  &#039;&#039;précédent&#039;&#039;&lt;br&gt;&lt;br&gt; {{Citation longue|Quand on eut enlevé le corps, et que Jonathan le sut en... »</title>
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		<updated>2016-05-18T11:58:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Page créée avec « {{Bandeau citation|aligné=droite|d|b]}}  &amp;#039;&amp;#039;&lt;a href=&quot;/fr/Quand_mourut_Jonathan_(27)&quot; title=&quot;Quand mourut Jonathan (27)&quot;&gt;précédent&lt;/a&gt;&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;br&amp;gt;&amp;lt;br&amp;gt; {{Citation longue|Quand on eut enlevé le corps, et que Jonathan le sut en... »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Nouvelle page&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;{{Bandeau citation|aligné=droite|d|b]}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;[[Quand mourut Jonathan (27)|précédent]]&amp;#039;&amp;#039;&amp;lt;br&amp;gt;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Citation longue|Quand on eut enlevé le corps, et que Jonathan le sut enfoui au cimetière, tout de l’autre&lt;br /&gt;
côté du village, il prit peur de la morte — naïvement, dès que la nuit tombait, la longue nuit&lt;br /&gt;
de l’hiver.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plus léger mouvement des rideaux l’effrayait ; si, chez lui, il apercevait, en allumant&lt;br /&gt;
dans une pièce, la silhouette de sa veste, de son imperméable, pendus à un dossier de chaise, il&lt;br /&gt;
était saisi de terreur comme s’il l’avait vue, elle, qui venait pour lui. Elle se promenait dans&lt;br /&gt;
les jardins, poussait la porte du sien, rôdait parmi les herbes, se tenait droite et immobile au&lt;br /&gt;
milieu des fourrés, des branches noires. Elle avait des cheveux fous, des yeux globuleux, la&lt;br /&gt;
bouche entrouverte méchamment sur ses dents pourries, une main bleue, forte, osseuse,&lt;br /&gt;
appuyée à sa canne. Elle était faite de vent et d’ombres — mais pesante, carrée, qui passait&lt;br /&gt;
par miracle dans la maison de Jonathan et piétinait lentement à travers les pièces du&lt;br /&gt;
rez-de-chaussée dès que le garçon était au lit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, Jonathan était dépourvu de superstitions et de croyances, il n’avait ni dieu ni&lt;br /&gt;
âme. La hantise qu’il subissait était tout humaine ; il ne cessait de s’en plaisanter et d’en être&lt;br /&gt;
repris. Cette peur sans raison était inexplicablement bienfaisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il remit un verrou à la porte de sa chambre, un cadenas aux volets. Lorsqu’il se préparait&lt;br /&gt;
à dormir, lampe éteinte, des angoisses l’agitaient, il sentait une présence qui patientait, qui&lt;br /&gt;
attendait son sommeil pour approcher ; il rallumait, inspectait la chambre, éteignait,&lt;br /&gt;
recommençait à plusieurs reprises. Pendant la nuit, il se réveillait soudain, alarmé, couvert de&lt;br /&gt;
sueur, il cherchait désespérément le bouton de la lampe, il ne le trouvait pas, il risquait sa&lt;br /&gt;
main plus loin avec la crainte horrible de toucher quelqu’un, il trouvait le bouton, mais ça ne&lt;br /&gt;
s’allumait pas, il insistait, appuyait dix fois, tâtonnait le mur, rencontrait l’interrupteur du&lt;br /&gt;
plafonnier, ça ne marchait pas non plus, il suffoquait dans l’obscurité, et la vieille avançait, il&lt;br /&gt;
la devinait là, fétide et froide. Elle atteignait son lit. Il criait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’éveillait aussitôt de ce songe, allumait la lampe, retournait son oreiller trempé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lentement, sa respiration et son pouls redevenaient normaux. L’épouvante du rêve avait&lt;br /&gt;
épuisé son angoisse, il se moquait de lui, il observait la chambre avec confiance. Pourtant, il&lt;br /&gt;
n’aurait pas descendu l’escalier pour aller tirer un verre d’eau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il évoquait Serge couché près de lui, dans la plus paisible, la plus claire des maisons.&lt;br /&gt;
Évidemment une autre que celle-ci. Elle n’avait pas pu devenir ce piège, ce lieu de&lt;br /&gt;
cauchemar, en si peu de mois. La place de Serge était là, à gauche : une place très petite, on&lt;br /&gt;
n’imaginait pas que quelqu’un ait dormi là, un corps tout entier, vraiment sans rien qui&lt;br /&gt;
manque — et le plus encombrant des gamins. Jonathan n’avait jamais vu Serge &amp;#039;&amp;#039;petit&amp;#039;&amp;#039;, et il aurait juré de bonne foi qu’ils avaient tous deux la même taille. Serge était grand, réellement&lt;br /&gt;
grand, on avait son visage à hauteur de soi, on lui prenait le cou en levant les bras, on n’avait&lt;br /&gt;
pas besoin d’approcher la figure pour le voir aussi bien qu’un autre. Mais cette place, à&lt;br /&gt;
gauche, n’aurait pas permis de coucher plus de deux chats. Où était-il ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les images de l’enfant s’effaçaient. Anxieux à nouveau, Jonathan tendait l’oreille et&lt;br /&gt;
épiait les bruits de la maison. Partout où elle était vide et sans lumière, elle était envahie&lt;br /&gt;
d’êtres nocturnes. Ils cherchaient quelque chose. On ne produit pas ces grincements, ces&lt;br /&gt;
chocs, ces craquements abrupts, quand on se déplace tranquillement quelque part. Ils le&lt;br /&gt;
cherchaient, lui, patiemment, pas à pas ; ils exploraient tout, comme si Jonathan avait pu aussi&lt;br /&gt;
bien se réfugier dans un tiroir, ou un buffet, ou sous un meuble, que dans sa chambre&lt;br /&gt;
verrouillée. Ils examinaient longuement chaque trace de sa vie, chaque preuve qu’il était là.&lt;br /&gt;
L’obscurité ne gêne pas les morts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis qu’il n’avait plus de voisine, Jonathan supportait mal l’isolement de sa maison.&lt;br /&gt;
L’habitation la plus proche était à un kilomètre, peut-être davantage. Faute d’environnement&lt;br /&gt;
humain, ses murs devenaient perméables, spongieux ; toute la campagne, toute la nuit les&lt;br /&gt;
traversait et s’emparait de Jonathan, ultime vivant d’une planète désolée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le jour, il n’éprouvait aucune crainte. La maison d’à côté était fermée à clef, mais on&lt;br /&gt;
pouvait pénétrer dans le jardin. Il y allait volontiers. Des vieilles, après l’enterrement, avaient&lt;br /&gt;
emporté les poules, les lapins ; Jonathan leur avait même donné celui de Serge, gras et gros,&lt;br /&gt;
bon à manger sans délai. La férocité de ce sacrifice, de cette séparation, même, car il aimait&lt;br /&gt;
beaucoup l’animal, lui avait procuré un plaisir amer, comme s’il avait restitué aux femmes la&lt;br /&gt;
dernière part vivante de Serge qui demeurait ici, et pour la même destruction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les vieilles avaient aussi arraché les légumes qui restaient en terre, des légumes rudes&lt;br /&gt;
qui supportent la gelée : carottes, navets, céleris, quelques poireaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le clapier vide intriguait Jonathan : il conservait la chaleur moelleuse, douillette, des&lt;br /&gt;
petits animaux qu’il avait abrités. Mais on ne les égorgeait pas : les vieilles les pendaient par&lt;br /&gt;
les oreilles et, en leur enfonçant deux ongles dans une orbite ou en s’aidant d’un couteau à&lt;br /&gt;
légumes, elles leur arrachaient l’œil. La bête criait très longtemps ; les vieilles causaient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus loin, près d’un cerisier mort, au tronc fendu et granuleux, il y avait la fosse où&lt;br /&gt;
Jonathan avait enfoui le chien. Petit garçon, il enterrait les oiseaux morts qu’il ramassait, puis&lt;br /&gt;
il les déterrait quelques jours après pour voir. Il s’imaginait vaguement que la terre préservait&lt;br /&gt;
de pourrir. Il découvrait des boules humides aux plumes gluantes qui se détachaient toutes&lt;br /&gt;
seules, percées et béantes de vers. II s’en rappelait deux sortes : les premiers, couleur ivoire,&lt;br /&gt;
épais comme du vermicelle cuit, pas trop nombreux, indépendants et assez calmes ; les&lt;br /&gt;
seconds, filiformes, d’un blanc pur, qui grouillaient les uns sur les autres à une vitesse&lt;br /&gt;
fantastique, en scintillant comme une moire, et qui semblaient représenter un plus grand&lt;br /&gt;
volume de chair que l’oiseau n’en avait contenu. Les vers que nourrissent les chiens et les&lt;br /&gt;
gens devaient être moins fins et moins répugnants que cela. Jonathan eut un désir violent de&lt;br /&gt;
découvrir un peu, avec la bêche, le cadavre du chien noir. Cela s’imaginait, mais sans les&lt;br /&gt;
détails malheureux qui tourmentaient Jonathan. La tête devait être vers ce côté-ci de l’arbre ;&lt;br /&gt;
non ; il renonça.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Maintenant, personne ne passait par ici. Au milieu de l’automne, cependant, un&lt;br /&gt;
garçonnet avait fait sonner le métal de la porte avec un bout de ferraille, et il avait demandé à&lt;br /&gt;
Jonathan si Serge était là. Jonathan expliqua que Serge était rentré à Paris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Ah… Parce que je l’connais, dit l’enfant (que Jonathan, lui, n’avait jamais vu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Alors, il est plus là ? insista le gamin, qui ne se décidait pas à partir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Non, il n’est plus là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— … Il va revenir ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— Je ne sais pas, dit Jonathan. Je ne crois pas, non.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
— … Plus jamais ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis l’enfant referma la porte et dévala le chemin. Depuis cette lointaine visite, un&lt;br /&gt;
silence brutal régnait sur ce bout de campagne, le silence des lieux abandonnés, des îles&lt;br /&gt;
désertes de l’océan arctique, au ciel verdâtre, aux falaises fuyantes, veloutées de lichen, où&lt;br /&gt;
planent et gémissent des oiseaux irréels.}}&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;#039;&amp;#039;{{droite|[[Quand mourut Jonathan (29)|suivant]]}}&amp;#039;&amp;#039;&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;[[Quand mourut Jonathan|Retour au sommaire]]&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Quand mourut Jonathan]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Crazysun</name></author>
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