Arandas : Différence entre versions

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(Explication du système de parenté aborigène)
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BASEDOW Herbert 1922c Arrernte boy practising with toy shield and boomerang, Alberga River, South Australia 1140x1525.jpg

Jeune Aranda s’exerçant avec un bouclier et un boomerang
Herbert Basedow, 1920-1924

Les Arandas (on rencontre également les graphies Arunta, Arrente ou Arrernte) sont des aborigènes du centre de l’Australie. Ils forment une société au sein de laquelle la pédérastie était autrefois une coutume officiellement reconnue et institutionnalisée.

En général, un jeune adulte aranda, entre l’initiation et le mariage, prenait en charge un garçon âgé de douze à quatorze ans. Ce dernier vivait avec l’adulte pendant plusieurs années, comme s’il était sa femme, jusqu’à ce que le jeune homme se marie.

Les observations de Strehlow

Dans son ouvrage monumental sur les Arandas et les Luritjas (ou Loritjas), le pasteur Carl Strehlow précise :[1]

Polyandrie ist unter den Aranda niemals vorgekommen. Ohne Zweifel ist die Päderastie, kwalanga oder kwalangilama, den Aranda bekannt gewesen, dafür zeugt schon der Umstand, daß sich in ihrer Sprache ein Name dafür findet ; ausgedehntere Verbreitung hat jedoch das Laster unter den westlichen Loritja und den nördlich von den Mac Donnell Ranges wohnenden Katitja, Ilpara, Warramunga etc. gefunden. Bein allen diesen Stämmen wird dem unverheirateten Manne, an dem alle Einweihungs-Zeremonien vollzogen sind, ein Knabe von 12 bis 14 Jahren zugeteilt, mit dem er oft mehreren Jahre lang, bis zu seiner Verheiratung zusammenlebt. Der Knabe, der als Weib gebraucht wird, ist weder beschnitten, noch subinzidiert, er würde sonst nicht mehr als Junge, sondern als junger Mann angesehen. Er muß derselben Klasse angehören, aus welcher der Mann sein noa zu nehmen hätte, der Verkehr mit einem Jungen aus falscher Klasse würde bestraft werden.
In dem Umstande, daß diese häßliche Sitte sich gerade unter den mit der ausgebildetsten Heiratsordnung versehen Stämmen findet, liegt vielleicht die Erklärung derselben. Bei dem 8 Klassen-System sind selbstverständlich die einzelnen Klassen der Mitgliederzahl nach viel kleiner, als bei dem 4 Klassen-System, es ist also leicht möglich, daß für einen jungen Mann keine Frau aus seiner richtigen Klasse vorhanden ist, besonders, wenn sich die alten Männer halbdutzendweise versehen. Unter den südlichen Aranda mit ihrem 4 Klassen-System, und bei den südlichen, klassenlosen Loritja kommen nur vereinzelne Fälle von Päderastie vor.
Il n’y a jamais eu de polyandrie chez les Arandas. Il ne fait pas de doute que la pédérastie – kwalanga ou kwalangilama – est connue des Arandas, comme en témoigne le fait qu’il se trouve un mot dans leur langue pour la désigner ; cette pratique a trouvé sa plus grande diffusion chez les Loritjas de l’Ouest ainsi que chez les Katitjas, Ilparas, Warramungas et autres qui habitent au nord des monts MacDonnell. Dans toutes ces tribus, un homme célibataire dont toutes les cérémonies d’initiation sont accomplies se lie à un garçon de 12 à 14 ans, avec lequel il vit souvent pendant plusieurs années, jusqu’à son mariage. Le garçon, qui est utilisé comme une épouse, n’est encore ni circoncis ni subincisé ; il n’est cependant plus considéré comme un enfant, mais comme un jeune homme. Il doit appartenir à la catégorie dans laquelle l’homme prendrait sa noa : une relation avec un garçon d’une catégorie inadéquate serait punie.
L’explication de cette coutume déplorable réside peut-être dans les circonstances où se trouvent ces tribus concernant les règles du mariage. Dans le système à 8 catégories, où les membres de chaque catégorie sont moins nombreux que dans le système à 4 catégories, il est plus difficile pour un jeune homme de trouver une femme de la catégorie appropriée, en particulier si les hommes plus âgés en ont une demi-douzaine. Chez les Arandas du Sud, avec leur système à 4 catégories, et chez les Loritjas du Sud sans catégories, il n’existe que des cas isolés de pédérastie. (Trad. BoyWiki)

On voit que cette pédérastie institutionnelle n’est pas l’apanage des Arandas, mais qu’elle s’étend aux Luritjas (Loritja) de l’Ouest, aux Kaytetyes (Katitja), aux Warlpiris (Ilpara), aux Warumungus (Warramunga) et à d’autres tribus de la même région. En revanche, elle n’existe pas en tant que telle dans les branches méridionales des Arandas et des Luritjas.

Citations par d’autres auteurs

Dans le premier tome de Loving boys (p. 69), Edward Brongersma cite à propos des Arandas l’ouvrage de Clellan S. Ford et Frank A. Beach Patterns of sexual behaviour, publié à New York par Harper & Row en 1951. Cette référence est reprise par Tom O’Carroll dans Pedophilia : the radical case (p. 41).

Une traduction française de cet ouvrage a été publiée en 1970 par les éditions Robert Laffont, puis reprise en 1975 par le Cercle Européen du Livre, sous le titre L’aventure sexuelle. On y trouve ce passage :

« Chez de nombreux aborigènes d’Australie, ce type de coït [anal] est une coutume acceptée entre les célibataires et les garçons non initiés. Strehlow écrit sur les Arandas :
« … La pédérastie est une coutume reconnue… Il est courant qu’un homme tout à fait initié, mais célibataire, prenne un garçon de dix ou douze ans comme épouse pendant plusieurs années, jusqu’à ce que le plus âgé se marie. Le garçon n’est ni circoncis, ni subincis, bien qu’on ne le considère plus comme garçon, mais comme jeune homme. Il doit appartenir à la classe dans laquelle l’homme pourra prendre une épouse. » (Strehlow, 1915, p. 93).[2]
»

Curieusement, les versions anglaise et française du livre de Ford et Beach évoquent une tranche d’âge de dix à douze ans pour le garçon, au début de sa liaison avec un jeune homme, alors que le texte allemand de Strehlow parle d’un « Knabe von 12 bis 14 Jahren ». Il est difficile d’expliquer cette différence, qui semble être une erreur – on remarque d’ailleurs que l’ensemble du passage, bien que cité en italique, n’est pas traduit littéralement.

Le système de parenté aborigène

Ce que Strehlow appelle « Klassen », et que nous avons traduit par « catégories », ne ressemble en rien aux classes sociales que l’on connaît en Europe, plus ou moins fondées sur la richesse et l’hérédité (un noble étant avant tout un fils de noble). Il s’agit au contraire d’un système plus ou moins complexe de parenté, dans lequel tous les membres de la tribu sont répartis en quatre ou huit catégories, appelées en langage aborigène « groupes de peau ».

La catégorie de chaque personne dépend uniquement de celles de ses parents. Par exemple, dans une tribu à quatre catégories, un homme de catégorie A ne peut épouser qu’une femme de catégorie B, et leurs enfants seront automatiquement de catégorie C ; ces enfants, devenus adultes, ne pourront se marier qu'avec une personne de catégorie D, et leurs rejetons seront de catégorie A.

Les relations et les interdits sont évidemment beaucoup plus complexes encore dans une tribu à huit catégories : un homme de catégorie A doit se marier avec une femme E, et ils auront des enfants B ; ces enfants ne pourront épouser que des personnes de catégorie F, mais leurs enfants seront soit A si leur père est B, soit G si c’est leur mère qui est B ; on a vu que les A épousent des E, mais les G ne pourront épouser que des C, pour engendrer à leur tour des rejetons F ! Dans une société réduite en nombre, où la polygynie était fréquente, on comprend que les jeunes hommes aient pu avoir du mal à trouver rapidement une épouse convenable. Ils patientaient donc avec un jeune garçon du même « groupe de peau » que leur future femme.

Dans ce système, si le frère de ma grand-mère paternelle a épousé la sœur de mon grand-père paternel, je pourrai vivre quelques années en concubinage avec leur petit-fils, en attendant par exemple qu’une de ses sœurs soit disponible… Mais il y a bien sûr d’autres choix possibles : statistiquement, environ un huitième des garçons de la communauté sont pour moi des « époux » acceptables. En revanche, il m’est complètement interdit de m’unir à l’un de mes jeunes cousins (neveux de mon père ou de ma mère), car ils ne sont pas de la bonne catégorie.

Voir aussi

Bibliographie

  • Ford, Clellan S., Beach, Frank A. Patterns of sexual behaviour. – New York : Harper & Row, 1951.
  • Ford, Clellan S., Beach, Frank A. L’aventure sexuelle. – Paris : Cercle Européen du Livre, 1975. – (Connaissance de la sexualité).

Articles connexes

Notes et références

  1. Carl Strehlow, Die Aranda- und Loritja-Stämme in Zentral-Australien, tome IV, chapitre « Polygamie, Polyandrie, sittliche Verfehlungen », p. 98 (et non p. 93 comme indiqué par erreur par Clellan S. Ford et Frank A. Beach dans Patterns of sexual behaviour).
  2. Clellan S. Ford, Frank A. Beach, L’aventure sexuelle, Paris, Cercle Européen du Livre (collection Connaissance de la sexualité), 1975, p. 203.
    Comme on l’a vu plus haut, l’indication « p. 93 » est erronée : il s’agit en réalité de la p. 98.