Différences entre versions de « Gaston Goor »

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Gaston Marie Charles Léon Goor est né à Lunéville le 26 octobre 1902. Il était le fils d’Auguste Léon Goor et de Marie Angèle Berthe Becker.  
 
Gaston Marie Charles Léon Goor est né à Lunéville le 26 octobre 1902. Il était le fils d’Auguste Léon Goor et de Marie Angèle Berthe Becker.  
  
A l’âge de 17 ans, il entre à l’Ecole des Beaux-arts de Nancy où il poursuit avec une assiduité relative des études artistiques. En 1925, il quitte sa lorraine natale et gagne Paris, pour entrer chez [Amédée Ozenfant], le fondateur avec [Le Corbusier] du mouvement appelé « purisme » et de la revue L’Esprit nouveau. Il s’initie à l’art moderne et fait la connaissance de [Picasso], [Matisse], [Lurçat], [[Max Jacob]].  
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A l’âge de 17 ans, il entre à l’Ecole des Beaux-arts de Nancy où il poursuit avec une assiduité relative des études artistiques. En 1925, il quitte sa Lorraine natale et gagne Paris, pour entrer chez Amédée Ozenfant, le fondateur avec Le Corbusier du mouvement appelé « purisme » et de la revue L’Esprit nouveau. Il s’initie à l’art moderne et fait la connaissance de Picasso, Matisse, Lurçat, [[Max Jacob]].  
  
Selon ses propres déclarations, c’est une promenade à Versailles qui le ramène au classicisme et le fait s’éloigner définitivement des avancées théoriques dans le domaine de l’art. Par l’intermédiaire d’[André Salmon], il rencontre [[André Gide]] qui l’oriente vers le métier d’illustrateur. Goor devient l’illustrateur quasi attitré des Editions du Capitole qui publient André Gide, [Léon Daudet] (Le Voyage de Shakespeare), [Charles Maurras] (''Trois contes'' tirés du ''Chemin de Paradis''), François Mauriac (Dieu et Mannon ; Trois grands hommes devant Dieu), [Pierre Mac Orlan]. Il est aussi l’illustrateur occasionnel des éditions Horizons de France, des éditions À l’enseigne du Pot cassé (il illustre ''La Religieuse'' de Diderot et ''L’ingénu'' de Voltaire) et des éditions du Trianon (Restif de La Bretonne).
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Selon ses propres déclarations, c’est une promenade à Versailles qui le ramène au classicisme et le fait s’éloigner définitivement des avancées théoriques dans le domaine de l’art. Par l’intermédiaire d’André Salmon, il rencontre [[André Gide]] qui l’oriente vers le métier d’illustrateur. Goor devient l’illustrateur quasi attitré des Editions du Capitole qui publient André Gide, Léon Daudet (Le Voyage de Shakespeare), Charles Maurras (''Trois contes'' tirés du ''Chemin de Paradis''), François Mauriac (Dieu et Mannon ; Trois grands hommes devant Dieu), Pierre Mac Orlan. Il est aussi l’illustrateur occasionnel des éditions Horizons de France, des éditions À l’enseigne du Pot cassé (il illustre ''La Religieuse'' de Diderot et ''L’ingénu'' de Voltaire) et des éditions du Trianon (Restif de La Bretonne).
  
 
Il travaille pour l’exposition coloniale de 1929 puis réalise différents travaux de décoration pour des particuliers. Les tableaux qu’il peint, en revanche, ne rencontrent pas le succès souhaité. Il effectue ensuite un long voyage d’étude au Maroc et y retourne travailler plus brièvement pour le Ministère des Beaux arts en 1933, puis s’installe à Hyères, où sa famille s’est établie.  
 
Il travaille pour l’exposition coloniale de 1929 puis réalise différents travaux de décoration pour des particuliers. Les tableaux qu’il peint, en revanche, ne rencontrent pas le succès souhaité. Il effectue ensuite un long voyage d’étude au Maroc et y retourne travailler plus brièvement pour le Ministère des Beaux arts en 1933, puis s’installe à Hyères, où sa famille s’est établie.  
  
C’est par l’intermédiaire d’un tableau de 1m 50 représentant un jeune homme (Jean Joerimann) nu sur pied, qu’il entre en relation avec un admirateur, l’écrivain et galeriste lyonnais [[Renaud Icard]] (1886-1971). Ce dernier lui permet d’exposer ses œuvres à Lyon, dans sa galerie « l’Art français » et une longue amitié s’établit entre les deux hommes. Gaston Goor réalise gracieusement les illustrations d’un conte de Renaud Icard, ''Mon Page'', qui sera publié de manière posthume, en 2009 par les éditions [[Quintes-Feuilles]]. Durant cette période de sa vie, Goor est surtout sollicité pour effectuer des décorations d’intérieur, pour le compte de clients fortunés et amateurs d’art. Parmi ceux-ci figure le propriétaire de l’hôtel Chateaubriant, le grand hôtel de luxe de la ville d’Hyères, qui est le père de Jean Joerimann, le modèle des illustrations de ''Mon Page'' dont Goor est amoureux. L’absence de réciprocité de cet amour provoque une souffrance dont sa correspondance avec Renaud Icard porte témoignage.
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C’est par l’intermédiaire d’un tableau de 1 m 50 représentant un jeune homme (Jean Joerimann) nu sur pied, qu’il entre en relation avec un admirateur, l’écrivain et galeriste lyonnais [[Renaud Icard]] (1886-1971). Ce dernier lui permet d’exposer ses œuvres à Lyon, dans sa galerie « l’Art français » et une longue amitié s’établit entre les deux hommes. Gaston Goor réalise gracieusement les illustrations d’un conte de Renaud Icard, ''Mon Page'', qui sera publié de manière posthume, en 2009 par les éditions [[Quintes-Feuilles]]. Durant cette période de sa vie, Goor est surtout sollicité pour effectuer des décorations d’intérieur, pour le compte de clients fortunés et amateurs d’art. Parmi ceux-ci figure le propriétaire de l’hôtel Chateaubriant, le grand hôtel de luxe de la ville d’Hyères, qui est le père de Jean Joerimann, le modèle des illustrations de ''Mon Page'' dont Goor est amoureux. L’absence de réciprocité de cet amour provoque une souffrance dont sa correspondance avec Renaud Icard porte témoignage.
  
 
Appelé à décorer l’église de Douvaine en Haute Savoie, Goor s’y installe en 1942 mais sa peinture ne se cantonne pas aux fresques murales : il se plaît à peindre dans le style d’artistes classiques facilement identifiables.
 
Appelé à décorer l’église de Douvaine en Haute Savoie, Goor s’y installe en 1942 mais sa peinture ne se cantonne pas aux fresques murales : il se plaît à peindre dans le style d’artistes classiques facilement identifiables.
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Goor, retiré à Hyères, meurt d’un cancer à l’hôpital de Toulon le 13 décembre 1977.
 
Goor, retiré à Hyères, meurt d’un cancer à l’hôpital de Toulon le 13 décembre 1977.
 
 
  
 
==Sources==
 
==Sources==

Version du 27 avril 2011 à 19:28

Gaston Goor (Lunéville, 26 octobre 1902 – Toulon, 13 décembre 1977) est un peintre, décorateur, illustrateur et sculpteur français dont l’œuvre, très orientée sur des thèmes pédérastiques ou homosexuels, est restée relativement confidentielle malgré son grand talent.

Biographie

Gaston Marie Charles Léon Goor est né à Lunéville le 26 octobre 1902. Il était le fils d’Auguste Léon Goor et de Marie Angèle Berthe Becker.

A l’âge de 17 ans, il entre à l’Ecole des Beaux-arts de Nancy où il poursuit avec une assiduité relative des études artistiques. En 1925, il quitte sa Lorraine natale et gagne Paris, pour entrer chez Amédée Ozenfant, le fondateur avec Le Corbusier du mouvement appelé « purisme » et de la revue L’Esprit nouveau. Il s’initie à l’art moderne et fait la connaissance de Picasso, Matisse, Lurçat, Max Jacob.

Selon ses propres déclarations, c’est une promenade à Versailles qui le ramène au classicisme et le fait s’éloigner définitivement des avancées théoriques dans le domaine de l’art. Par l’intermédiaire d’André Salmon, il rencontre André Gide qui l’oriente vers le métier d’illustrateur. Goor devient l’illustrateur quasi attitré des Editions du Capitole qui publient André Gide, Léon Daudet (Le Voyage de Shakespeare), Charles Maurras (Trois contes tirés du Chemin de Paradis), François Mauriac (Dieu et Mannon ; Trois grands hommes devant Dieu), Pierre Mac Orlan. Il est aussi l’illustrateur occasionnel des éditions Horizons de France, des éditions À l’enseigne du Pot cassé (il illustre La Religieuse de Diderot et L’ingénu de Voltaire) et des éditions du Trianon (Restif de La Bretonne).

Il travaille pour l’exposition coloniale de 1929 puis réalise différents travaux de décoration pour des particuliers. Les tableaux qu’il peint, en revanche, ne rencontrent pas le succès souhaité. Il effectue ensuite un long voyage d’étude au Maroc et y retourne travailler plus brièvement pour le Ministère des Beaux arts en 1933, puis s’installe à Hyères, où sa famille s’est établie.

C’est par l’intermédiaire d’un tableau de 1 m 50 représentant un jeune homme (Jean Joerimann) nu sur pied, qu’il entre en relation avec un admirateur, l’écrivain et galeriste lyonnais Renaud Icard (1886-1971). Ce dernier lui permet d’exposer ses œuvres à Lyon, dans sa galerie « l’Art français » et une longue amitié s’établit entre les deux hommes. Gaston Goor réalise gracieusement les illustrations d’un conte de Renaud Icard, Mon Page, qui sera publié de manière posthume, en 2009 par les éditions Quintes-Feuilles. Durant cette période de sa vie, Goor est surtout sollicité pour effectuer des décorations d’intérieur, pour le compte de clients fortunés et amateurs d’art. Parmi ceux-ci figure le propriétaire de l’hôtel Chateaubriant, le grand hôtel de luxe de la ville d’Hyères, qui est le père de Jean Joerimann, le modèle des illustrations de Mon Page dont Goor est amoureux. L’absence de réciprocité de cet amour provoque une souffrance dont sa correspondance avec Renaud Icard porte témoignage.

Appelé à décorer l’église de Douvaine en Haute Savoie, Goor s’y installe en 1942 mais sa peinture ne se cantonne pas aux fresques murales : il se plaît à peindre dans le style d’artistes classiques facilement identifiables. Selon Peyrefitte, qui a recueilli son témoignage écrit, ce serait parce que Gaston Goor est accusé par la police allemande d’avoir aidé des Juifs à franchir la frontière suisse qu’il se voit contraint d’accepter le statut de « travailleur volontaire » en Allemagne. Goor se retrouve dans le camp d’Hirschfelde, près de Zittau, en Saxe. Néanmoins, il se fait repérer par ses talents, et se trouve vite engagé pour la réalisation de travaux artistiques importants auxquels la destruction de la ville Dresde en février 1945 par les bombardements alliés, auquel il échappe, met un terme.

Après la guerre, Goor regagne d’abord Paris, où il travaille notamment pour les Manufactures de Sèvres, puis s’installe à Cannes, à l’occasion d’une exposition. Il y contracte un mariage blanc avec une émigrée polonaise, Marie Angèle Zajackowski en mai 1947. Goor est ensuite invité en Angleterre par un architecte de jardins pour réaliser de grandes sculptures. Il met au point à cette occasion un procédé de moulage sans armature métallique. C’est pendant son séjour en Angleterre qu’il est sollicité par les éditions Flammarion et par Roger Peyrefitte pour réaliser les illustrations des Amitiés Particulières qui paraissent en 1953. Ce travail marque un tournant dans la vie de Goor, qui regagne alors la France et s’installe à Paris. Roger Peyrefitte devient pour Goor un véritable mécène, le sollicitant pour réaliser nombre d’œuvres érotiques (comme l’illustration de l’épisode de « l’Ephèbe de Pergame » du Satyricon) et le présentant à des amis fortunés qui passent à Goor de nombreuses commandes. On connaît moins le reste de la vie de Gaston Goor, marquée par quelques déceptions comme la non publication de ses illustrations pour le Satyricon de Pétrone (à ne pas confondre avec celles, presque pornographiques, du seul épisode de l’Ephèbe de Pergame).

Goor, retiré à Hyères, meurt d’un cancer à l’hôpital de Toulon le 13 décembre 1977.

Sources

Roger Peyrefitte – L’innominato. Nouveaux propos secrets. A. Michel, 1989. pp. 201-203.

Jean-Claude Féray – L’histoire de Mon Page, de ses illustrations, et de l’amitié Goor-Icard, in Renaud Icard – Mon Page. Quintes-feuilles, 2009. pp. 157-195.

Correspondance Gaston Goor – Renaud Icard. (1932-1960) [Coll. part.]


Quelques œuvres

L’Amour entouré d’amours, 1953
Lithographie, 12 × 8 cm
(illustration pour Les amours d’Ovide)

L’essentiel de la production de Gaston Goor facilement accessible est constitué de travaux d’illustration pour l’édition. Ses tableaux sont quasiment tous dans des collections particulières.

  • 10 lithographies pour Les amours d’Ovide, traduction de Henri Bornecque, Paris, Flammarion (Les classiques de l’amour), 1953, 238 p., 20 × 14 cm (édition limitée à 4 000 ex.)
  • 24 lithographies pour Les amitiés particulières de Roger Peyrefitte, Paris, Flammarion, 1953, 2 vol., [4]-180 p.-12 pl., [4]-180 p.-12 pl., 29 × 20 cm (édition limitée à 740 ex.)
  • 32 illustrations dans le livre Mon Page de Renaud Icard - Éditions Quintes-Feuilles, 2009 - (ISBN 978-2953288513)