John Francis Bloxam : Différence entre versions

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Version actuelle en date du 20 juillet 2014 à 17:12

John Francis Bloxam (17 décembre 18736 avril 1928) est un ecclésiastique anglais et écrivain du groupe des uraniens.

Biographie

John Francis Bloxam était encore étudiant à Exeter College (Oxford) lorsqu’il fit paraître en octobre 1894, dans la revue The Artist et sous le pseudonyme de Bertram Lawrence, un court poème d’inspiration pédérastique intitulé A summer hour.

Mais c’est sous sa véritable identité qu’il assume, en décembre de la même année, la responsabilité de rédacteur en chef pour l’unique numéro de la revue The Chameleon : a bazaar of dangerous and smiling chances.[1]

Outre des textes d’Oscar Wilde et d’Alfred Douglas, The Chameleon publiait At dawn, un poème de Bloxam sous le nom de Bertram Lawrence ; et surtout, de manière anonyme, sa nouvelle The priest and the acolyte – une histoire d’amour tragique entre un jeune prêtre et son enfant de chœur âgé de quatorze ans. En 1907, Albert Savine donna une traduction française de ce texte, dont il attribuait la probable paternité à Oscar Wilde.

Tout en estimant ce récit « trop direct » et « par endroits vénéneux »,[2] Wilde décrit Bloxam à cette époque, dans une lettre à son amie Ada Leverson, comme « un étudiant d’une étrange beauté ».[3]

Diplômé d’Exeter College en 1895, John Francis Bloxam continua sa formation au Ely Theological College, et fut ordonné diacre en 1897, puis prêtre (Church of England) en 1898. Il retourna ensuite à Exeter College pour y passer sa maîtrise (1901). Il exerça comme vicaire dans plusieurs paroisses entre 1897 et 1922, avec en 1917-1919 une parenthèse comme aumônier militaire, service pour lequel il reçut la Croix Militaire avec barrette (Military Cross and Bar), témoignage d’un courage certain (il avait contracté au front, peut-être par gazage, l’affection de la gorge dont il mourut).

En 1922, le père Bloxam accepta de renoncer à son poste de vicaire dans un des quartiers les plus riches de Londres, pour succéder à son ami E. E. Kilburn comme curé de Saint-Saviour à Hoxton, une paroisse particulièrement pauvre de la capitale, avec de nombreux taudis et une forte délinquance. Il occupa cette fonction jusqu’à sa démission pour raison de santé en 1927.

Étant lui-même passablement fortuné, John Francis Bloxam fut en mesure d’apporter une aide financière à certains de ses jeunes paroissiens, pour faciliter leur entrée dans la vie. De caractère réservé, voire timide, il était très apprécié, et plusieurs de ses proches ont rapporté l’excellente influence qu’il exerça sur les garçons dont il s’occupait.

Outre ce dévouement à l’égard des adolescents, on retrouve chez Bloxam un autre trait de caractère du père Ronald Heatherington, héros de The priest and the acolyte : le goût de la belle liturgie et de l’art sacré. Ces motivations esthétiques se traduisaient chez lui par une nette préférence pour la tendance anglo-catholique de l’Église anglicane. Il n’alla cependant pas jusqu’à rejoindre l’Église catholique, comme l’avait fait son prédécesseur le père Kilburn.[4][5]

Œuvres

  • Le prêtre et l’acolyte ; Études d’art et de littérature / Oscar Wilde ; trad. d’Albert Savine. – Paris : P.-V. Stock, 1907. – (Bibliothèque cosmopolite ; 23).
  • « The priest and the acolyte » / X ; « At dawn : poem » / Bertram Lawrence, in The Chameleon : a facsimile edition / with an introduction by H. Montgomery Hyde ; collab. Timothy d’Arch Smith. – London : The Eighteen Nineties Society, 1978. – (Makers of the nineties).

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Notes et références

  1. Seth Koven, Slumming : sexual and social politics in Victorian London, Princeton University Press, 2002, p. 262.
  2. “[…] to my ears too direct; there is no nuance; God and other artists are always a little obscure. Still, it has interesting qualities, and is at moments poisonous: which is something.”
  3. “[…] an undergraduate of strange beauty […]” (Letters, 379).
  4. J. Z. Eglinton, « The later career of John Francis Bloxam », in International Journal of Greek Love, Vol. 1, No. 2 (November 1966), p. 40-42.
  5. Ellis Hanson, Decadence and catholicism, Harvard University Press, 1997, p. 13.