Michel Polac : Différence entre versions

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Michel Polac, né le 10 avril 1930 à Paris et mort dans la même ville le 7 août 2012, est un journaliste de presse, de télévision et de radio, producteur, écrivain, critique littéraire et cinéaste français.

Journalisme

Journaliste anticonformiste, Michel Polac n’hésita pas à aborder à la télévision le thème de l’inceste, à propos du film de Louis Malle Le souffle au cœur.

Journal

Malgré une hétérosexualité foncière, il reconnaît dans son Journal quelques rares épisodes charnels avec de jeunes garçons :

« Lu L’Enchanteur de Nabokov, très fort, très bon, très déplaisant, très sophistiqué, très malsain, très cauchemardesque, une œuvre rare. Et je ne crois pas qu’il l’ait vraiment oublié ou perdu dans une malle, je crois qu’il n’osait pas le publier. Et cet orgasme contre le dos nu de la petite fille, c’est quelque chose de vécu, c’est plus fort que de la littérature, c’est le souvenir d’une jouissance vécue, au moment où l’on viole un tabou. Je l’ai vécu mais pas aussi fort, pas aussi tragique, car c’est moi qui étais provoqué, c’est l’autre qui m’offrait son corps et de seulement le frôler m’a fait jouir, comme si j’échappais au « péché mortel » grâce à mon sexe trop violemment excité par ce qu’il convoitait contre mon gré (ou sans mon gré).
Oui, j’ai vécu cela à 14 ans avec I. J’ai défailli comme on disait au XVIIIe siècle, rien qu’en frôlant son ventre nu avec mon ventre. De même avec un autre I., à 28 ans, il en avait 18 environ, mais ce fut moins foudroyant car je l’avais pris pour un tapin ; et enfin à 40 ans, avec ce curieux gamin un peu bizarre, sauvage, farouche, un rien demeuré, fils de paysan, orphelin peut-être, qui devait avoir 10, 11 ans, peut-être moins, et qui m’a si étrangement provoqué jusqu’à se coucher nu dans ma chambre d’hôtel en me racontant une obscure histoire de relation sexuelle avec un homme de son entourage et je me suis rapproché de lui, et il était nu sur le côté, et j’ai seulement baissé mon pantalon et ai collé mon ventre contre son cul, et j’ai déchargé aussitôt, en une seconde, dans un éblouissement terrible, et il a eu un petit rire surpris comme s’il s’attendait à ce que je le pénètre, il paraissait si expérimenté, si précocement instruit, tout en ignorant ce que cela signifiait, tout en étant incapable de préciser ce qu’il savait ou voulait.
Et il est reparti dans la rue du hameau désert car nous étions seuls ce jour-là, par une chaude et orageuse journée d’automne, nous gardions la maison, et quasiment le village, et c’est pour ça qu’il m’avait tourné autour, ce gamin un peu sale, bouseux, avec une culotte courte et de grosses chaussures, des cheveux en broussailles, et des yeux immenses trop clairs.
Je l’ai revu bien des années après, il devait avoir 16 ans et il m’a jeté le même regard étrange de ses yeux pâles, et rien n’indiquait qu’il se souvenait de quoi que ce soit — mais comment pouvait-il oublier mon gigantesque trouble.[1]
»

Si la mémoire de l’auteur est fidèle, ce dernier épisode se serait déroulé à l’automne 1970.

Voir aussi

Articles connexes

Notes et références

  1. Michel Polac, Journal : pages choisies par Pierre-Emmanuel Dauzat : 1980-1998, Paris, Presses Universitaires de France (coll. Perspectives critiques), 2000, p. 147-148.