Différences entre les versions de « Un petit tour en enfer (Franck Demules) »

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Quelques temps plus tard, c'est la rupture, dont il se sentait approcher depuis plusieurs mois, tout en retournant dormir chez son tuteur, au grand dam de ses copines.
Quelques temps plus tard, c'est la rupture, dont il se sentait approcher depuis plusieurs mois, tout en retournant dormir chez son tuteur, au grand dam de ses copines.


La rupture est difficile, son tuteur, étant toujours "accro". Celui-ci a fait une dépression et a été licencié avec indemnités. Puis il a voyagé : Maroc, Sénégal, a eu "quelques embrouilles pour pédophilie", de la prison au Laos (selon Demules lui-même parce qu'il a "refusé de lâcher 200 dollars de bakchich au flics") en sort avec l'intervention de l'ambassade de France qui lui conseille de payer, quand ils se revoient, il est en mauvaise santé du fait de son tabagisme intensif (3 paquets de gitanes sans filtre par jour). Il meurt un an plus tard.
La rupture est difficile, son tuteur, étant toujours "accro". Celui-ci a fait une dépression et a été licencié avec indemnités. Puis il a voyagé : Maroc, Sénégal, a eu "quelques embrouilles pour pédophilie", de la prison au Laos<ref>[http://www.liberation.fr/medias/0101289513-mort-de-christian-hennion-ancien-de-liberation Article de ''Libération''] - En réalité au Cambodge, est-ce une erreur volontaire de Desmules ?</ref> (selon Demules lui-même parce qu'il a "refusé de lâcher 200 dollars de bakchich au flics") en sort avec l'intervention de l'ambassade de France qui lui conseille de payer, quand ils se revoient, il est en mauvaise santé du fait de son tabagisme intensif (3 paquets de gitanes sans filtre par jour). Il meurt un an plus tard.
 
==Notes et référence==
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[[Catégorie:Œuvre littéraire]]
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Version du 1 octobre 2009 à 13:40

Un petit tour en enfer est le livre témoignage Franck Demules, actuellement assistant de Carla Bruni-Sarkozy, qui raconte notamment sa rencontre avec son pédophile, qui sera son tuteur (garde partagée avec sa mère) de 11 ans à 17 ans environ.

Voilà, l'ensemble du livre balance entre deux positions quant à ce pédophile : la relation finalement assez banale qu'il a avec lui, avec ses bon et moins bon côtés, et des passages qu'on peut trouver empruntés à ceux qui lui ont dit par la suite ce qu'il fallait en penser.

Ce témoignage assez ambivalent parait intéressant comme exemple de vécu du côté d'un garçon aimé. En voici quelques extraits commentés.

Début de la relation et première fois

Orphelin de père depuis environ un an, Franck Demules a invité pour son 10ème anniversaire beaucoup d'adultes, comme il le dit pour avoir beaucoup de cadeaux.

« À minuit, il ne reste plus grand monde. Les enfants sont rentrés chez eux. Probablement à ma demande, Christian me couche. Il m'a fait un si beau cadeau. Il me raconte une histoire. Cet épisode a probablement jeté les bases de notre relation future. J'ai pris le risque d'entrouvrir une brèche. Jouer avec les sentiments, les émotions des gens, c'est surement jouer avec le feu. J'étais comme ça, un garçon malléable, surtout quand j'attendais quelque chose en retour. J'étais en manque d'un père, J'avais un besoin immense qu'on s'occupe de moi. »

On peut lire qu'il a fait un petit numéro de séduction sans y voir rien de péjoratif. Et puis le "malléable, surtout quand j'attendais quelque chose en retour" est légèrement paradoxal dans le genre manipulé/manipulateur. Finalement, y a-t-il quelque-chose de déséquilibré, de "disfonctionnel" comme on dit maintenant, dans cette relation humaine ?

Après cette fête, cet homme l'a emmené à la piscine, et puis vient passer des soirées et dormir chez lui de temps en temps (appart communautaire où il y a 3 couples ou familles), ou il annonce directement qu'il vient pour s'occuper de ce garçon, les adultes et sa mère sont pris dans leurs histoires de couple et trouvent avantage à ce que quelqu'un s'occupe de cet enfant difficile. L'entourage relève déjà une "bonne influence" sur ce "garçon pas sage". Puis il raconte le premier rapport peut-être un mois après la fête.

« ça s'est passé simplement. Je dors, il commence à me caresser. Je me réveille. Chut, laisse-moi faire, je vais te faire un câlin. Comme j'ai déjà joué à touche-pipi avec François, je ne suis pas particulièrement étonné - sauf que François a deux ans de plus que moi, lui trente de plus. Sa main sous les draps, il commence à me masturber. Cet enfoiré, il me branle en me suçant. Avec ma petite bistouquette, il arrive à me faire jouir. [...] Tranquillos, jusqu'à l'été de mes onze ans, ces jeux continueront. »

« Après cette première fois, je ne suis pas troublé, je ne me sens pas perturbé. Au contraire, je vois tout l'intérêt de me faire branler. Bien-sûr, je ne réalise pas. Je suis jeune, il y va mollo. Puis le rythme s'accélère. Tout les deux, trois jours, j'ai droit à un nouveau câlin. »

Il y a par la suite quelque disputes entre sa mère, le pédophile et le garçon (qui prend plutôt le parti du pédophile) : fugue, plainte pour détournement de mineur... puis quelque mois en famille d'accueil (en tant que "terrain neutre") puis garde partagée entre les deux (une semaine sur deux), décidée par une juge, alors qu'il a environ 12 ans. Ses relations avec sa mère s'améliorent à partir de là d'ailleurs. (Mais il va encore voir son tuteur après l'école même les semaines où il est chez sa mère).

La relation dans le regard des autres

La juge pour enfant

La mère de Franck lui a proposé d'abord que Christian Hennion soit son tuteur. Puis voyant son fils lui échapper, et peut-être en prenant connaissance de la nature sexuelle de leur relation (sujet qu'elle n'a probablement pas voulu voir en face), elle revient sur cette idée, et entre en conflit avec son fils et Christian Hennion, et porte plainte pour détournement de mineur.

Franck semble alors en conflit ouvert avec sa mère, à laquelle il n'obéit plus. L'affaire est traitée par une juge pour enfant. Il a clairement poussé à ce que son tuteur ai sa garde, face à sa mère, à la juge... Celle-ci a pris le temps de prendre sa décision. Il dit qu'il l'a adoré et la qualifie de "délicate, bienveillante".

Avant de décider à qui l'enfant sera confié, elle le place en famille d'accueil, isolé à la fois de sa mère et de son pédophile. Très en colère contre sa mère, Il n'éprouve aucune envie de la joindre. Il ne cherche pas non plus à joindre son pédophile, mais l'appelle après quelques mois. C'est un éléments important de la décision qui le verra confié en garde partagée à l'un et à l'autre. Il dit qu'il « regrette aujourd'hui » cet appel, qui a fait qu'il a vécu les années suivantes avec son tuteur, mais finalement avec des termes assez mesurés.

La juge a-t-elle soupçonné que la relation avait une dimension sexuelle ? Difficile à dire, c'est pourtant très probable de la part de la mère de Franck Demules, qui a changé d'attitude vis à vis de la garde confiée à ce tuteur, et qui a toujours refusé d'aborder certains sujets avec Franck.

De la part de la juge, c'est moins certain, peut-être a-t-elle pensé que cette dimension sexuelle était possible voire probable, mais a jugé pragmatiquement qu'il y avait assez d'éléments pour estimer qu'elle était en tout cas bénéfiques et/ou à ne pas interrompre pour une prise en charge incertaine de l'enfant, avec sa mère pas très stable ou en foyer, famille d'accueil.

Franck a toujours nié à cette époque qu'il y a des relations sexuelles avec son tuteur, sachant manifestement que ça ne passerait pas si c'était avoué.

L'équipe de Libération

Franck Demules est assez perplexe sur ce que savaient ou non "ceux de libé" (le journal) où travaillait son tuteur et où lui-même passait beaucoup de temps après l'école, puis plus tard pour des premiers boulots, et ce qu'ils pensaient de cette relation.

Il dit qu'il en veut à ceux qu'il côtoyait à Libé de ne « m'avoir jamais posé de question : Jamais un Qui est ta mère ? Est-ce que tu es heureux avec Christian ? Est-ce que ça ne te dérange pas de dormir dans le même lit ? » La discrétion de cette équipe professionnelle était-elle trop poussée ?

Une dizaine d'année après la fin de leur relation, Christian Hennion meurt. Demules va à son enterrement où "il y a du monde", notamment de Libé. Aucun règlement de compte, rien de désagréable. Comme quoi il avait beau être ce qu'il était, il était aimé.

Sa femme

La réaction de celle qui sera sa femme, est une des plus violente, face à son histoire.

Il rencontre sa femme quand il a tout juste 18 ans, et s'est marié un an plus tard.

Elle est plus âgée que lui de 16 ans, et il a commencé à fréquenté quand il était encore avec son tuteur. Elle a fait une "colère noire" quand il lui a raconter la nature de sa relation avec lui : Ce mec est une pourriture, il t'a tout volé, ton innocence, ton adolescence. Ce que tu as subi est monstrueux, inacceptable. (Cela doit se passer en 1984). Il dit que la violence de cette réaction le surprend beaucoup. Mais on peut penser que le message a du lui être largement martelé dans les années qui ont suivi, par elle notamment et d'autres personnes.

Faut-il voir chez elle de la jalousie, ou bien rien de plus qu'une mentalité "anti" sur la question, de la part de quelqu'un qui n'avait pas partagé les rêves et la mentalité des milieux de gauche et soixante-huitard au sein desquels Franck Demules a grandi ?

Cette femme est assez spéciale, avant ceci et après leur mariage, elle se fait entretenir par un autre homme qui lui "donne des enveloppes", elle claque de l'argent et elle en fait claquer à son petit Franck (elle lui donne des "pascals"). Ils ne travaille pas vraiment, finalement elle l'a peut-être un peu pourri, alors que son tuteur était assez austère par rapport à l'argent, et lui en donnait assez peu.

Le sexe avec son tuteur

À propos des premières fois, il dit : « Je ne suis pas troublé, je ne me sens pas perturbé. Au contraire, je vois tout l'intérêt de me faire branler. »

Un point peut-être étonnant, c'est que sexuellement, ils en seraient resté tout le long de leur relation au même scénario : Christian le suce, puis Franck il lui "tient les couilles" pendant qu'il se masturbe : Il se branlait, parce que moi, en bon fainéant, hors de question que le branle pendant un quart d'heure.

Les directives sur la façon dont il faut comprendre le récit sont beaucoup moins lourdes et grossières que dans le récit de Christophe Tison, où c'est une phrase en italique en fin de chaque court chapitre. Pourtant, les commentaires/résumé du livre, interprètent le récit de façon assez caricaturale sur le sujet du pédophile, alors que le livre donne des éléments plus nuancés. La position de Franck Demules est certainement complexe, mais pas franchement malhonnête.

Le plaisir

Franck Demules évoque très directement le plaisir sexuel qu'il éprouvait dans cette relation.

« Petit à petit, il commence à me toucher les fesses. Puis il me met un ou deux doigts dans le cil. ça ne me dérange pas plus que ça. Un jour, il a tourné les doigts. J'ai eu un orgasme. Je me suis mis à jouir du bas-ventre. C'était au-delà de la jouissance traditionnelle d'un garçon. Un plaisir inouï, que beaucoup d'hommes ignorent. »

« Je bandais de façon mécanique. Est-ce que ça me pesait ? Jusqu'à ce que j'embrasse des filles, non. Mais au moment où j'ai pris leurs lèvres, touché leur sein, oui. »

Il pense aux filles quand il se fait masturber :

« Je feuilletais. Et il suffisait que je ferme les yeux pour m'y croire. Ce n'était pas difficile : Christian suçait comme un dieu. Par la suite peu de filles m'ont aussi bien fait jouir. Celles dont je tomberai amoureux seront celles qui parviendront à rivaliser avec Christian. »

Ce qu'il reproche à son amant

Il y a plusieurs passages où il fait mine de s'indigner de la relation qu'il a eu, puis en donne une illustration assez anodine.

Par exemple, juste après le passage ou sa copine a fait une colère à l'encontre du tuteur alors que Franck vient de lui raconter la nature de leur relation :

« Curieusement, j'aime encore ce type. Il m'a fallu des années pour comprendre qu'elle avait raison. C'était effectivement dégueulasse. Beaucoup de mes boulets viennent de là. »

« Jusque là, la situation m'a aveuglé. Ce mec ne s'est pas contenté de casser mon enfance, il a empêché tout le reste. Je ne sais vivre qu'au jour le jour. Mon seul projet un peu "normal", c'est de vouloir être acteur. Mais ces cours, je me les paie avec les gains de Libé. C'est-à-dire grâce à Christian. »

Donc en cherchant en quoi cette relation l'a perturbé, il donne le fait qu'il ne sait pas se projeter dans l'avenir. Comme si la plupart des jeunes de 18 ans savaient se projeter en toute sérénité et lucidité dans l'avenir...

Il y a d'autres passages du même ordre : son tuteur contrôlait son emploi du temps, ses sorties, lui faisait des scènes s'il était en retard. A priori, on peut y voir quelqu'un excessivement possessif, mais voyant ce qu'il raconte à côté, comment il a vécu après, et même avant sa relation avec ce Christian, (racket, vols, cuites quand il est en CM1 CM2), c'était peut-être pas de trop de le tenir un peu, et d'ailleurs, il a pu sortir souvent pendant son adolescence.

Une autre fois, en vacance dans un poney club alors qu'il a environ 12 ans, il dort avec son tuteur au lieu d'être dans le dortoir avec les autres jeunes. C'est évidemment frustrant voire gênant face au groupe, comme ça le serait si il n'était pas dans la chambre de son tuteur mais de ses parents.

Ce qu'il reproche à son pédophile est en gros de cet ordre. Ensuite il est clair qu'il n'était pas attiré physiquement par lui, mais aussi qu'il y était attaché, et qu'il a apprécié ce qu'il a découvert avec lui (je veux dire en dehors du sexe, pour le sexe, il dit plusieurs fois à quel point il avait du plaisir).

Au moment de la rupture, il dit que les « erreurs qu'il a faites, les mensonges qu'il m'a fait avaler ressortent brutalement », mais finalement vu ce qu'il lui reproche, ça ressemble à n'importe quelle crise d'adolescent face à ses parents ou autres adultes :

« Le rôle de père, qui consistait à m'élever et que j'avais accepté jusque dans ma rébellion, s'est effacé. Le rôle du copain, versant cool un peu soixante-huitard [...] a été remplacé par mes nouvelles fréquentations. quant à l'amant qui me branlait entre deux crises de jalousie, il ne trouve plus sa justification »

« Je ne pensais pas que c'était aussi grave, que cet homme était en train de me bouffer, de me sucer mon adolescence, de prendre ma vie. Je n'avais pas honte, mais je savais bien que notre relation sexuelle était à cacher. »

ça je trouve que c'est le comble "Je ne pensais pas que c'était aussi grave" alors quelle instance supérieure lui a fait savoir que contrairement à son ressenti, c'était grave ?

C'est la vie avec ses relations humaines, les gens pas parfaits... Y-a-t-il manipulation abusive dans cette histoire ?

Il raconte comment il racketait ses camarades à l'école primaire, avec un copain. Comment ces camarades vivaient-ils d'être menacés au point de voler leur parents ? Ça signifie de grandes angoisses pour eux, des cauchemars, la peur d'aller à l'école, au point d'en avoir mal au ventre. Lui-même n'évoque pas une fois de peur ou d'appréhension au moment de retrouver son tuteur. De l'ennui parfois.

« J'ai encore du mal à comprendre qu'on tombe amoureux d'un enfant. Que partage-t-on avec lui ? Quelles conversations (même s'il me traitait en adulte, me parlant de sujets politiques, passionné qu'il était par son métier) ? »

En cela, il me semble seulement révélateur de l'hétéro moyen. Eh oui, mais si aucun adulte n'imaginait d'avoir de vraie conversation avec des enfants, est-ce qu'il ne leur manquerait pas quelque-chose, voire beaucoup de chose pour grandir...

Rupture

À 17 ans, il fait un voyage de 6 semaines avec son tuteur, qu'il trouve mémorable. « On fait un putain de voyage. Je suis un petit homme. Il limite les contacts sexuels. Et ceci : J'ai bientôt dix-huit ans, je suis seul, en tête-à-tête, sans figure extérieure, complice ou amie, avec ce type qui est resté bloqué sur mon image d'enfant. »

"bloqué sur mon image d'enfant" ! C'est ça qui est étonnant, comme si leur relation était naturelle tant qu'il était enfant, que c'est seulement le fait qu'il ai grandi qui pose problème !

Quelques temps plus tard, c'est la rupture, dont il se sentait approcher depuis plusieurs mois, tout en retournant dormir chez son tuteur, au grand dam de ses copines.

La rupture est difficile, son tuteur, étant toujours "accro". Celui-ci a fait une dépression et a été licencié avec indemnités. Puis il a voyagé : Maroc, Sénégal, a eu "quelques embrouilles pour pédophilie", de la prison au Laos[1] (selon Demules lui-même parce qu'il a "refusé de lâcher 200 dollars de bakchich au flics") en sort avec l'intervention de l'ambassade de France qui lui conseille de payer, quand ils se revoient, il est en mauvaise santé du fait de son tabagisme intensif (3 paquets de gitanes sans filtre par jour). Il meurt un an plus tard.

Notes et référence

  1. Article de Libération - En réalité au Cambodge, est-ce une erreur volontaire de Desmules ?