Germaine Greer

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Germaine Greer, née le 29 janvier 1939 à Melbourne, est une auteure, féministe, critique, universitaire et scénariste australienne. Elle travaille et vit en Grande-Bretagne. C’est une figure controversée et incontournable de la vie publique britannique.[1]

The beautiful boy

L’essai de Germaine Greer The beautiful boy — en français Les garçons : figures de l’éphèbe — présente un point de vue féministe et érudit sur des questions liées à l’iconologie et à l’iconographie du garçon, mot qui sous sa plume désigne « une personne de sexe masculin, qui n’est plus un enfant mais qui n’est pas encore un homme ».[2]

Citation

Vers la fin de l’introduction, Germaine Greer écrit :

« Ce livre est partiellement destiné à satisfaire les revendications féminines au plaisir des yeux. Le XIXe siècle refusait aux femmes tout intérêt actif pour le sexe ; on ne le trouvait que chez les dégénérées ou les dépravées. Avec la fin du XXe siècle, le goût féminin pour les stimulants sexuels a été reconnu et l’on a cherché à en tirer un parti commercial. Cet appétit aussi sain que naturel devrait être, à présent, raffiné par le goût. Si l’on admire les belles images d’adolescents qui nous environnent, il existe parallèlement tout un monde de plaisirs cultivés à découvrir. Le plaisir que l’on éprouve ne peut qu’être rehaussé par l’émotion et par le jeu sur les conditions de sa bienséance. Ce que l’on voit de beau dans la vie s’évanouit avant même qu’on ait eu le temps de l’apprécier : c’est dans l’art seulement que le charme fugitif de l’adolescence peut être garanti contre les ravages du temps.[3] »

Une traduction contestable

Le premier traducteur, dans la version française Les garçons : figures de l’éphèbe, a utilisé pour l’anglais boy le terme « adolescent » ; de même pour le dérivé boyhood, traduit en français par « adolescence ». Cette traduction inexacte entraîne des imprécisions regrettables, qui ne figurent pas dans le texte original.[4] Le traducteur, peut-être troublé par la liberté du propos, a manifestement conçu l’usage du mot « adolescent » comme un euphémisme moralisant du mot « garçon ».

Ce qui tourne parfois au burlesque, comme dans le commentaire de Vénus et Cupidon,[5] tableau de Pontormo d’après un dessin de Michel-Ange[6] : le Cupidon joufflu et potelé, petit enfant de trois à cinq ans, y est qualifié d’« adolescent incestueux ».[7] S’agit-il encore d’une traduction ? En effet, l’étonnante phrase « Vénus, distante et froide, paraît résister aux avances de l’adolescent incestueux », ne se trouve pas dans le texte anglais.

Le travail de traduction, sans doute pour une question de temps, a été réparti entre plusieurs personnes, et le propos de l’auteur est mieux servi à partir du chapitre 7.

Voir aussi

Bibliographie

  • Greer, Germaine. Les garçons : figures de l’éphèbe / trad. Denis-Armand Canal, Lydie Échasseriaud, Christine Monnatte, et al. – Paris : Hazan, 2003. – ISBN 2-85025-891-1

Notes et références

  1. Article « Germaine Greer » sur Wikipédia (page consultée le 14 avril 2011).
  2. P. 13.
  3. Germaine Greer, Les garçons : figures de l’éphèbe, trad. Denis-Armand Canal, Lydie Échasseriaud, Christine Monnatte, et al., Paris, Hazan, 2003, ISBN 2-85025-891-1, p. 11.
  4. Germaine Greer, The beautiful boy, Rizzoli, 2003, ISBN 0-8478-2586-8
  5. Les garçons : figures de l’éphèbe, p. 63.
  6. Florence, Galleria dell’Academia.
  7. Les garçons : figures de l’éphèbe, p. 64.