Réflexions sur la pédophilie (Yebor)

De BoyWiki
Révision datée du 24 août 2012 à 21:55 par Caprineus (discussion | contributions) (Création)
(diff) ← Version précédente | Voir la version actuelle (diff) | Version suivante → (diff)
Ce texte historique est protégé contre les modifications.
Il est possible que ce document ne soit pas libre de droits …Si vous possédez des droits sur ce document
et si vous pensez qu’ils ne sont pas respectés,
veuillez le faire savoir à la direction de BoyWiki,
qui mettra fin dès que possible à tout abus avéré.




RÉFLEXIONS SUR LA PÉDOPHILIE


Les pédérastes aiment les jeunes garçons pubères et les adolescents. Pour l’opinion publique la pédérastie n’apparaît pas comme une forme originale de sexualité différente de l’homosexualité traditionnelle. Quant aux homosexuels eux-mêmes, ils ont tendance à rejeter les pédérastes comme une minorité dangereuse qu’ils condamnent. À les en croire la pédérastie ne serait qu’une déviation, une perversion de l’homosexualité, le fait d’une catégorie d’ailleurs très réduite de malades, de névrosés, voire d’êtres corrompus et vicieux qui par suite de timidité ou d’inhibition ne parviendraient pas à une sexualité adulte ; alors faute de pouvoir s’adresser à des partenaires de leur âge, les pédérastes, bloqués dans leur développement et leur évolution psychique, choisiraient de s’attaquer à des enfants, au risque de leur faire du mal, de les traumatiser. Aussi, beaucoup d’esprits progressistes, s’ils sont prêts à admettre le bien-fondé des revendications homosexuelles, au nom de la liberté, de la pluralité des goûts, refusent pourtant de prendre en considération le fait pédérastique, car il les dérange.

Actuellement les pédérastes vivent au jour le jour leur solitude, leur misère sexuelle, dans la terreur quotidienne du chantage, de la dénonciation, de l’arrestation. Beaucoup se contentent de survivre et, écrasés par la société, ils renoncent à toute activité sexuelle, sans parvenir pour autant à échapper à leur angoisse et à trouver un équilibre.

Aujourd’hui la pédérastie n’intéresse que les tribunaux, elle relève du droit commun. Les pédérastes sont des délinquants, des criminels, on les confond dans les prisons avec les escrocs, les proxénètes et les assassins. Même la société des truands qui peuple les prisons, elle aussi rejette les pédérastes et à l’occasion leur fait subir toutes sortes de brimades ; l’administration pénitentiaire hypocritement feint de ne rien voir et laisse faire, sauf lorsque les sévices deviennent par trop voyants.

Quelques avocats (hétérosexuels, voire homosexuels) acceptent non sans répugnance de les défendre pour des raisons mercantiles et si certains d’entre eux éprouvent quelque pitié pour leur client, aucun ne s’est penché réellement sur leur problème. Quant aux pédérastes eux-mêmes la plupart sont trop écrasés par leur destin pour pouvoir se manifester, se défendre, revendiquer leur droit à vivre leur dignité d’homme ; il semble cependant que s’esquisse dans certains pays occidentaux les plus évolués, un mouvement pédérastique, en France aussi, et il faudra compter avec…

Il paraît difficile de nier la nécessité dans une société humaine d’un minimum de lois, et actuellement on imagine mal une société qui pourrait survivre sans exercer une certaine répression contre les individus qui les transgressent et les remettent en question. En confrontant les différents recueils juridiques depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, à travers les civilisations les plus variées, on pourrait observer que l’on retrouve presque toujours sanctionnés les mêmes délits : le vol, le crime, et sur le plan sexuel, le viol, l’inceste. Par contre, la pédérastie condamnée actuellement sévèrement (les rapports avec les mineurs de 15 ans relèvent de la Cour d’Assises), n’apparaît que très rarement délictueuse.

Au contraire on observe à son égard, soit une totale indifférence, soit même une attitude positive. Souvent la vie pédérastique est encouragée, favorisée par la loi, elle apparaît d’utilité publique, comme dans le cas de la société grecque ou crétoise, où elle joue un rôle fondamental. On s’aperçoit alors que les pédérastes ne constituent pas une minorité insignifiante à l’intérieur de la minorité homosexuelle, mais que la très grande majorité des hommes sont capables d’entretenir des rapports avec des adolescents, rapports qu’ils considèrent comme plus enrichissants que ceux qu’ils ont par ailleurs avec leur femme. La pédérastie n’apparaît nullement dans ces sociétés comme opposée à l’hétérosexualité, mais plutôt comme complémentaire, trouvant sa justification sociale notamment dans le domaine de l’éducation. Il en allait de même dans la civilisation arabe médiévale, ainsi qu’en Extrême-Orient, et encore actuellement dans de nombreuses sociétés africaines où la pédérastie, même si elle n’a pas la même signification culturelle, se présente souvent sous la forme de rites d’initiations, facilitant le passage de l’adolescent à l’âge adulte.

Bien sûr beaucoup d’adversaires de la pédérastie feront valoir avec un peu d’agacement que tous ces exemples sont pris soit dans un passé lointain, soit dans des sociétés sous-développées, ce qui les amènerait à découvrir un lien entre la pédérastie et des formes archaïques ou dépassées de civilisation. À les en croire, il faudrait en conclure que la pédérastie serait incompatible avec le progrès et les exigences des sociétés modernes. Pour notre part, nous estimons qu’il s’agit là d’un jugement un peu rapide et un peu superficiel ; un examen plus approfondi de l’évolution des sociétés contemporaines montrerait plutôt une évolution parallèle entre les progrès techniques, sociaux et politiques et le phénomène de libération sexuelle. Ainsi en Europe dans le domaine qui nous intéresse, les Pays-Bas, le Danemark abaissent rapidement la majorité sexuelle à seize ou quatorze ans, et libéralisent leur législation en matière de « détournement de mineurs ». Dans ces pays, les pouvoirs publics, la justice, le corps médical, les mouvements de jeunesse, et même les associations familiales et les Églises encouragent cette évolution. Une vaste campagne d’information a été déclenchée qui a permis d’éduquer l’opinion publique. Cette prise de conscience permet à la pédérastie de sortir de son ghetto, et aux pédérastes de se manifester au grand jour. La procédure qui permet de porter plainte pour détournement de mineur existe encore, mais elle tombe en désuétude, les parents ne l’utilisent plus. Le dialogue a remplacé la répression.

Ce tour d’horizon nous permet de distinguer parmi les différentes formes de délinquance deux grands types totalement opposés :

— Dans le premier groupe on rangera les formes de délinquance qui indépendamment des structures de la société se trouvent nécessairement sanctionnées à cause de leur caractère asocial ; elles portent atteinte à la liberté individuelle, il est juste de les condamner, et on voit mal comment une société quelle qu’elle soit pourrait s’en accommoder sans courir rapidement le risque de sombrer dans l’anarchie : vol, assassinat, et sur le plan sexuel, viol, proxénétisme, ne peuvent qu’être rangés dans ce groupe.

— Dans un second groupe, on trouvera d’autres formes de délinquance qui a priori ne paraissent pas incompatibles avec les exigences de la vie en société, qui ne menacent nullement la collectivité, elles découlent de choix personnels et n’entravent nullement la liberté des autres. Nous rangerons la pédérastie dans ce groupe, sa condamnation n’a en effet rien à voir avec le légitime souci de défendre la société ; l’analyse montre qu’elle provient de considérations religieuses, héritées du passé judéo-chrétien. Deux tabous d’origine judéo-chrétienne (connus, mais qu’il est nécessaire de rappeler), véhiculés par deux mille ans d’histoire, n’ont guère perdu de leur virulence et frappent particulièrement les pédérastes : le premier concerne les rapports entre personnes du même sexe (il touche donc également les homosexuels), le second la sexualité des jeunes (filles ou garçons, il rejette par conséquent de la même façon les hommes qui s’intéressent aux petites filles, ou les femmes aimant les jeunes garçons).

La morale religieuse traditionnelle voit dans l’enfant un être pur, pratiquement asexué. En raison même de la nature de leur sexualité, les pédérastes se trouvent à la convergence de ces différents tabous, qu’ils doivent transgresser s’ils veulent se réaliser. On comprend maintenant la malédiction sans exemple dans l’histoire qui pèse sur eux depuis deux mille ans dans toutes les sociétés imprégnées de judéo-christianisme.

Beaucoup de nos sociétés actuelles se considèrent comme les garantes d’un ordre moral qu’elles cherchent à faire respecter d’une façon autoritaire, en imposant une règle de vie uniforme à tous les citoyens au mépris de leurs convictions personnelles. Cependant une évolution se dessine actuellement : progressivement cette morale d’origine religieuse à prétention universelle fait place à une morale individuelle beaucoup plus souple que la société s’efforce de respecter, évolution qui correspond au progrès social, aux aspirations à plus de bien-être et de liberté de l’homme cultivé du XXe siècle.

D’autre part les progrès des sciences humaines (la découverte de la sexualité de l’enfant par la psychanalyse, les études de Reich sur la répression sexuelle des jeunes) ont permis de dédramatiser le problème et de le faire avancer en l’abordant avec une approche scientifique.

Mais les préjugés ont la vie dure, et il faudrait un immense travail pour informer et éduquer l’opinion publique pour que les pédérastes cessent d’être hors-la-loi et puissent à nouveau jouer un rôle positif dans la société, rôle auquel ils aspirent, qui leur permettrait de participer à l’effort collectif, à l’édification d’un monde meilleur et plus libre. Mais ne rêvons pas, pour l’instant seuls les policiers pour les arrêter, les avocats pour les exploiter, les juges pour les emprisonner et les psychiatres pour les mettre à l’asile se préoccupent d’eux !


La répression policière et ses méfaits.

S’il fallait une preuve pour démontrer l’inutilité et l’absurdité de la répression, c’est après deux mille ans de morale judéo-chrétienne et de persécution, l’existence même et le développement de la pédérastie. Au pire moment des bûchers, certains hommes se sont reconnus pédérastes et n’ont pas hésité à assumer leur pédérastie au mépris des lois humaines et… divines. La minorité pédérastique a dû s’adapter pour survivre, à ce titre on peut la comparer aux autres minorités persécutées, qu’elles soient raciales, politiques, religieuses. Toutes ont gagné en qualité, en profondeur ce qu’elles perdaient en avantages matériels. Le protestant pourchassé au XVIIe siècle avait une religion plus intense, une foi plus sincère et exigeante que le catholique. Celui-ci n’éprouvant aucune difficulté particulière à pratiquer son culte avait tendance plus facilement à se laisser aller à un certain confort moral.

De même en matière de sexualité, alors que l’homme marié peut vivre tranquillement, disons bourgeoisement sa sexualité, le pédéraste sait, lui, que pour une minute de plaisir c’en est fini de sa liberté ; il perd sa situation, est arrêté, etc… Il sait toute l’intelligence et toute l’énergie qu’il va falloir déployer pour pouvoir vivre sa sexualité. Comment dans ces conditions la pédérastie ne prendrait-elle pas une place centrale dans sa vie ? On a vu que toute la vie du protestant était bâtie autour de la foi qu’on voulait lui arracher ; de même on peut affirmer que pour le pédéraste il n’y a pas de pensée ou d’action qui ne soit plus ou moins directement en rapport avec sa forme de sexualité. Aussi, bien loin d’affaiblir la sexualité en la frappant, on la décuple, on lui donne une place exorbitante, elle finit par envahir toute l’existence, à tel point que certains pédérastes peuvent dans une certaine mesure apparaître comme des obsédés sexuels. C’est la société répressive qui fabrique les obsédés sexuels, les malades, les déséquilibrés ; si certains de ces êtres deviennent dangereux, c’est bien la faute de la société qui ne devrait s’en prendre qu’à elle-même. Bien sûr on peut penser que certains pédérastes sont dissuadés de « pratiquer » par peur des représailles ; c’est vrai, mais là encore ce sont les plus médiocres, les plus timorés, ceux qui n’osent pas prendre leurs responsabilités. D’ailleurs on peut se demander comment ils peuvent trouver un équilibre alors qu’ils ont accepté cette mutilation, qu’ils ont renoncé à ce qu’ils avaient de plus profond, de plus cher. Ce sont des êtres diminués pour la vie, handicapés, traumatisés dont la société n’a pas grand-chose à attendre. Beaucoup consultent des psychanalystes, certains abrègent leurs jours, d’autres veulent redevenir « normaux » pour pouvoir enfin faire l’amour sans trembler. Honte à une société raciste, qui refuse à toute une catégorie d’hommes ce qui est le plus indispensable au bonheur : le droit à l’amour.

On peut se demander, même si ce genre de question peut paraître comporter une certaine dose de naïveté, quel est le but poursuivi par la société lorsqu’elle jette un pédéraste en prison.

Pense-t-on vraiment qu’il s’agit de lui donner une bonne leçon afin qu’à sa sortie il ne recommence plus de peur de retourner en prison, ou encore que la détention exerce un effet thérapeutique tel que le pédéraste après une cure plus ou moins longue redeviendrait « normal », guéri en quelque sorte ! On voit mal comment la prison pourrait réussir là où la psychanalyse elle-même s’avoue vaincue (alors qu’elle a affaire à des patients désireux de changer de goûts).

Par punition alors, mais encore faudrait-il un motif : pour punir il faut un coupable. Comment la société pourrait-elle en vouloir aux pédérastes — sont-ils responsables d’avoir ces goûts-là plutôt que d’autres ? Ont-ils choisi d’être pédérastes… ? À ce compte-là, pourquoi ne pas punir les daltoniens qui voient les choses différemment, ou les rouquins parce qu’ils sont minoritaires et les mettre en prison en espérant qu’ils deviendront blonds ou bruns ! Tout observateur impartial admettrait qu’une telle attitude de la part de la société serait absurde, contraire au bon sens et à la justice, il comprendrait très vite que nos daltoniens ou nos rouquins servent de bouc émissaire — N’en va-t-il pas de même des pédérastes aujourd’hui ?

Les homosexuels eux-mêmes n’ont-ils pas tendance à s’en prendre aux pédérastes sous prétexte qu’eux-mêmes ne sont pas acceptés par la majorité hétérosexuelle… ? La comparaison avec une autre minorité sujette au racisme éclairera mieux le phénomène : il s’agit de la minorité noire américaine. Avant le développement du puissant mouvement noir que l’on sait, on remarquait qu’assez souvent les « mulâtres » manifestaient une sorte de racisme à l’égard de ceux qui avaient la peau plus foncée que la leur, ils prenaient leur distance vis-à-vis des noirs, pensant ainsi mieux se faire accepter par la société blanche. En tout ils imitaient les blancs, s’habillaient comme eux, se faisant décrêper les cheveux, épousaient leurs idées, leur mode de vie… Malgré tous leurs efforts, ils n’obtenaient souvent que de piètres résultats, pour la plupart des blancs ils restaient des « sales nègres ».

Il en va de même de certains homosexuels qui pour « singer » ce qu’ils croient être l’hétérosexualité se marient, font consciencieusement des enfants dont ils éloignent soigneusement les pédérastes (se montrant d’autant plus intraitables sur ce point et odieux qu’ils traînent vaguement un complexe de culpabilité qu’ils n’arrivent pas à surmonter). Tout cela pour acquérir une certaine respectabilité, obtenir droit de cité dans une société qui réprime la minorité à laquelle ils appartiennent. Ces hommes-là, en définitive, n’ont fait que tricher toute leur vie.

Le mouvement noir américain, en acquérant une plus grande maturité, a très vite compris que le problème des noirs c’était de se faire accepter en tant que noirs, de faire accepter la négritude (physique, mais aussi culturelle, artistique). De même les pédérastes n’ont pas plus à singer les homosexuels (en « vieillissant leurs goûts ») que ceux-ci les hétérosexuels, ils doivent se faire accepter pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire, on le répète, des hommes amoureux des jeunes garçons ou des adolescents.

Non, la prison ne change rien, elle ne sert pas de leçon, et si personnellement je connais de nombreux pédérastes qui n’ont jamais pratiqué la pédérastie en France (se contentant de quelques aventures à la faveur de vacances dans des pays étrangers plus cléments), autant je n’ai pas d’exemple de pédérastes ayant cessé de « pratiquer » à la suite d’un séjour en prison. Disons simplement que ces pédérastes ayant été échaudés par cette expérience malheureuse prennent généralement moins de risques. La prison leur a permis d’acquérir une expérience et dorénavant ils se montreront plus discrets, plus habiles ; mais je ne pense pas que c’était le but recherché par la justice !

Encore que ces pédérastes qui auparavant avaient souvent des rapports naturels avec les garçons, généralement très sains, on les retrouve maintenant anxieux, avec des réflexes de gens traqués, et leur contact loin d’être sécurisant peut devenir réellement négatif pour les jeunes qu’ils fréquentent ; ceux-ci ne trouvent pas chez leur partenaire le sens des responsabilités, la confiance en soi, l’équilibre qu’ils recherchent avant tout.

Non, la prison ne change rien : ni thérapeutique, ni force de dissuasion, elle ne règle aucun problème. Par contre, elle contribue à « démolir » toute une catégorie d’hommes qui ont déjà du mal à trouver leur équilibre, elle risque d’en faire des malades, voire des êtres dangereux. De plus en les faisant voisiner avec de véritables truands, elle favorise chez le pédéraste influençable le glissement vers d’autres formes de délinquance autrement plus redoutables. La prison aigrit, marginalise et risque de rendre complètement asociaux des êtres au départ le plus souvent honnêtes, pleins de sensibilité et d’enthousiasme, qui ne demandaient qu’à aimer, être aimés, être utiles à la communauté, et n’ont finalement rencontré autour d’eux qu’indifférence, incompréhension ou haine.

La prison doit aussi être envisagée de l’autre côté, celui du garçon et de sa famille.

Dans de nombreux cas, en effet, la famille n’était pas au courant de la liaison du garçon avec un pédéraste. Ce dernier, connu et estimé des parents, était devenu un ami de la famille ; on lui était reconnaissant car il s’occupait bien du petit (l’emmenant en vacances, l’aidant dans ses études, etc…) et aimait rendre service à tout le monde, parfois il arrangeait même les petits différends qui surgissent inévitablement dans toute famille française. Bref il s’était rendu indispensable, on aimait le voir, on l’invitait, le retenait à la maison, on se confiait à lui, lui demandait conseil. Le gosse sous son influence grandissait normalement, il paraissait heureux, plein de vie, de santé, il traversait relativement bien l’âge ingrat, moins renfermé, sujet à saute d’humeur, susceptibilité, ou révolte que d’autres gamins du même âge…

Et brutalement la police débarque dans cette famille sans histoire, elle apprend la vérité aux parents, ce qui se fait souvent sans ménagement (on ne peut en vouloir aux policiers, généralement bons pères de famille, ce qui ne les empêche pas de manquer parfois de tact et de psychologie à propos de sujets aussi délicats)… et comme les parents hésitent à croire à la culpabilité de X… alors « on » leur montre des preuves, généralement des photos, assez brutalement car il s’agit avant tout de révolter les parents, de les indigner de façon à ce qu’ils portent plainte ; sinon en effet l’action judiciaire perdrait beaucoup de son sens.

Tout cela évidemment au détriment de l’enfant et de sa famille. Le garçon est la principale victime, il devient un objet de scandale, interrogé, questionné, il se trouve face à des contradictions intenables : d’un côté son ami qu’il aime bien, auquel il ne veut aucun mal, le gosse sent bien que son ami n’est pas coupable, que tout cela (leur amour) ne regarde pas les adultes ; de l’autre il subit les pressions de son entourage familial, des policiers, du médecin (dans certains cas on va jusqu’à examiner le gosse, on l’emmène à l’hôpital !… pour vérifier s’il y a eu des actes de sodomie…). Sans parler des copains, des « ragots » qui sont colportés par les copains, de l’attitude paternaliste ou attendrie des maîtres…

Culpabilisation, remords, aveux « spontanés » ! le gosse fatigué, troublé, voulant qu’on le laisse tranquille finit dans certains cas par craquer, et puis il a peur de passer pour « pédé »… aux yeux de tous ses parents, ses amis ; aussi par affolement et désespoir il charge entièrement son ami, lui fait endosser toutes les responsabilités. Tout rentre alors dans l’ordre, la famille est rassurée, elle savait bien que son brave petit n’avait rien à se reprocher, on se raccroche à l’explication la plus rassurante, celle selon laquelle le gosse, victime innocente, s’est laissé entraîner… Il faudrait beaucoup de courage pour que les parents admettent que leur fils ait pu éprouver du plaisir et participer activement à ces rapports que l’on juge anormaux, vicieux, contre-nature, etc… À plus forte raison pour reconnaître et respecter l’amour, amour d’enfant peut-être, mais amour tout de même de leur fils pour un… pédéraste. Je connais certains parents capables d’une telle remise en question, d’un tel effort d’objectivité, ceux-là aiment vraiment leurs enfants pour ce qu’ils sont, non pour l’image rassurante qu’ils veulent en avoir (image qui leur permet généralement de se prolonger à travers eux).

Les pédérastes n’ont-ils pas le droit à leur tour de demander des comptes à la société, de leur dire : qu’avez-vous fait des garçons que nous aimions ? De quel droit, vous qui parlez toujours de leur fragilité, de leur innocence, les avoir torturés de la sorte, transformés en objet de scandale, de quel droit leur avoir retiré le seul appui, la seule personne qui parfois savait les aimer et les comprendre ?

Et cette question, la plus gênante, la plus angoissante de toutes : Qui finalement les traumatise le plus, le pédéraste qui lui donne le meilleur de lui-même, toutes ses possibilités de dévouement de tendresse, toute son intelligence, son expérience d’homme adulte, ou la société avec sa police, ses psychiatres, ses tribunaux ?

Le drame une fois retombé, qui s’occupera de ces enfants, qui comprendra leur souffrance, les aidera à oublier la cassure qui s’est faite dans le monde heureux de leur enfance ? Pour eux, rien ne sera plus pareil… le seul qui était à même de le faire est en prison. Lui non plus n’oublie pas. Même en imaginant que la liaison pédérastique est préjudiciable à un adolescent, cette façon d’y mettre fin apparaît complètement absurde, d’une barbarie insoutenable. La famille quant à elle se sent atteinte, déshonorée, parfois on déménage pour ne pas croiser le sourire apitoyé du voisin de palier ; elle se sent bafouée, ridiculisée. Comment a-t-elle pu tolérer aussi longtemps « en son sein » un individu qui depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, couchait régulièrement avec leur fils ? La famille se sent coupable, honteuse. La police, avant de jeter le trouble dans un milieu familial paisible, devrait y réfléchir à plusieurs fois.

Non, ce ne sont pas les pédérastes qui traumatisent les garçons mais bien la société qui avec ses juges, ses policiers, ses psychiatres dramatise inutilement les rapports sexuels naturels qui de tout temps ont uni des hommes et des adolescents, rapports sexuels authentiques librement acceptés de part et d’autre et vécus intensément, il faut le rappeler, à l’intérieur d’un amour vrai, l’amour pédérastique, dont la sexualité n’est que le support. Nier la réalité de cet amour, réduire la pédérastie à des jeux sexuels, c’est se condamner à ne rien comprendre au fait pédérastique.

Est-ce que beaucoup d’hétérosexuels pour la femme qu’ils aiment accepteraient de gaieté de cœur le risque de briser leur carrière, de plonger leurs parents dans le désespoir, et de passer des années de leur vie en prison… ?




Voir aussi

Source

  • « Réflexions sur la pédophilie » / Yebor, in Arcadie : revue littéraire et scientifique, 21e année, n° 249, septembre 1974, p. 397-406. – Paris : Arcadie, 1974 (Luisant : Impr. Durand). – 52 p. ; 21 × 14 cm.

Articles connexes