Amor vincit omnia (Caravaggio)

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Amor vincit omnia est une œuvre peinte en 1602 par Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit en français Le Caravage. La toile figure dans de nombreux ouvrages comme L’Amour victorieux, L’Amour vainqueur, ou plus rarement mais de façon plus exacte L’Amour triomphe de tout.

Cette œuvre de grande dimension (156 sur 113 cm) est habituellement visible à la Gemäldegalerie de Berlin.[1]

CARAVAGGIO 1602c Amor vincit omnia 1045x1428.jpg

Michelangelo Merisi da Caravaggio, L’Amour victorieux, 1602-1603
Huile sur toile, 156 × 113 cm
Berlin, Staatliche Museen

Le peintre italien Le Caravage (15731610) a réalisé cet Amour victorieux  très provocant en prenant sans doute pour modèle son élève Cecco Boneri. Celui-ci, qui fut vraisemblablement l’un des jeunes amants de l’artiste, deviendra peintre à son tour, plus connu sous le nom de Cecco del Caravaggio.
En réponse à ce tableau trop sensuel à son goût, Giovanni Baglione (15661643) peignit L’Amour divin et l’Amour profaneBAGLIONE Giovanni 1602 Amor sacro e Amor profano (Roma) 740x1109.jpg, où il caricaturait à la fois Le Caravage et ses relations avec Cecco.

Description

L’Amour est ici figuré sous les traits d’un jeune garçon d’une douzaine d’années nu, conformément à la mythologie gréco-romaine (Éros/Cupidon). Il est représenté plus ou moins en taille réelle, de face, les jambes largement ouvertes sur un sexe qui n’est pas le moins du monde dissimulé, mais au contraire à l’intersection de plusieurs lignes de force de la composition. Sa pose (peu académique et certainement inconfortable pour le modèle), sa tête inclinée, la légère rougeur de ses joues et son sourire semblent des invitations à partager ses jeux. Le drap froissé qui recouvre la table sur laquelle est posée la jambe gauche évoque irrésistiblement un lit. Le rendu réaliste des “imperfections” du corps (les plis de la peau, les tons de la chair) ramènent eux aussi cette scène à un réalisme très concret et à la connotation sexuelle de tout le tableau. Cette sensation presque tactile est parachevée par la plume de l’extrémité de l’aile gauche, qui caresse la cuisse d’un mouvement très sensuel.

Même l’aspect symbolique de l’œuvre ne dément pas cette impression : le garçon ailé enjambe, répandus à terre et en désordre, des objets symboles de la gloire profane (armure, couronnes, instruments de musique…) – l’Amour est vraiment vainqueur de tout. En l’occurrence, c’est bien l’amour charnel, l’amour physique, qui est ici vainqueur. Et cet amour est un jeune garçon…

CARAVAGGIO 1602c Amor vincit omnia (dettaglio) 644x550.jpg

Michelangelo Merisi da Caravaggio, L’Amour victorieux, 1602-1603 (détail)
Huile sur toile, 156 × 113 cm
Berlin, Staatliche Museen

Ce détail de L’Amour victorieuxCARAVAGGIO 1602c Amor vincit omnia 1045x1428.jpg met en relief l’une des caractéristiques qui firent le renom du Caravage (15731610) : son grand souci de la précision et de l’exactitude, tant dans les représentations anatomiques que dans celles des fruits, des fleurs ou des objets. Le garçon encore impubère qui servit de modèle au peintre italien fut sans doute son élève Cecco Boneri. Celui-ci, vraisemblablement l’un des jeunes amants de l’artiste, deviendra peintre à son tour, plus connu sous le nom de Cecco del Caravaggio.
En réponse à ce tableau trop sensuel à son goût, Giovanni Baglione (15661643) peignit L’Amour divin et l’Amour profaneBAGLIONE Giovanni 1602 Amor sacro e Amor profano (Roma) 740x1109.jpg, où il caricaturait à la fois Le Caravage et ses relations avec Cecco.

Contexte historique et artistique

Le commanditaire de la toile était Vincenzo Giustiniani, aristocrate et banquier romain.

Le réalisme de la représentation dérangea certains contemporains du Caravage : l’Amour, ici, n’est pas une figure idéalisée, mais un garçon en chair et en os qui tient un rôle – ce reproche concernait d'ailleurs presque toutes les peintures du Caravage. L’un de ses concurrents, Giovanni Baglione, lui a adressé une critique originale en peignant L’Amour sacré et l’Amour profane, dans lequel un ange en armure corrige avec une lance de lumière un ange presque nu, au sol, qui évoque irrésistiblement celui de L’Amour vainqueur.

Le modèle de ce tableau est probablement Cecco Boneri, un élève du Caravage qui a servi pour plusieurs autres toiles à peu près à la même époque. On pense qu’il fut l’un des jeunes amants de l’artiste, avant de devenir à son tour un peintre connu sous le nom de Cecco del Caravaggio.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. Gemäldegalerie de Berlin : 52° 30’ 31” N 13° 21’ 53” E.